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Côte d’Ivoire: Faut-il avoir peur de 2020? Monique Gbékia, Présidente de LIDER, craint une élection chaotique en 2020!

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De la gauche vers la droite:Yacourwa Boué Koné (Vice-président de LIDER), Monique Gbékia (Présidente de LIDER), Richmond Sery (Délégué National).

Côte d’Ivoire: Faut-il avoir peur de 2020? Monique Gbékia, Présidente de LIDER, craint une élection chaotique en 2020!

Monique Gbékia, présidente de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a animé un point de presse le vendredi 31 Mai 2019, au siège du parti à la Riviera Golf, pour dénoncer des manœuvres dilatoires du pouvoir « pour ne pas aller à une vigoureuse réforme de la commission chargée des élections rigoureusement conforme à l’arrêt d’Arusha par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ».

Par Leadernews, le 04 Juin 2019

Relevant que les mêmes causes produisent les mêmes effets, Monique Gbékia craint une élection chaotique en 2020.

Le contenu du point de presse ci-dessous

« LIDER prévient l’opinion nationale et la communauté internationale que les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’organisation du scrutin présidentiel de 2020 par une commission électorale qui ne diffère pas radicalement dans le fond et dans la forme de celle qui a été déclarée partisane et illégale par la CADHP conduira inéluctablement à des violences similaires à celles qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire à chaque joute électorale depuis 2010 », a déclaré la présidente du parti. 

Pour éviter une autre crise, Monique Gbékia et son parti recommandent au gouvernement « de cesser ses manœuvres dilatoires et de mettre immédiatement en place un cadre de dialogue unique, qui réunisse autour d’une même table la société civile, les partis politiques et le gouvernement », dans le cas contraire, il ne serait tenu d’obéir à une loi injuste.

La présidente Gbékiaba fait l’historique des faits qui fondent la position de LIDER.

LES FAITS

Par courrier référencé 0091/CAB.PM/Csp.PM/Janv19, daté du 17 janvier et adressé à la Présidente de LIDER, le premier ministre la conviait à une rencontre du gouvernement avec les partis politiques concernant la réforme de la commission électorale (Cei) devant se tenir le 21 janvier 2019 à son cabinet.

Le 18 janvier 2019, la Présidente a accusé réception de l’invitation et fait parvenir au cabinet du Premier ministre une copie de la proposition de LIDER concernant ladite réforme, à verser au dossier.

Le même jour, LIDER a été contacté par M. Doumbia du cabinet du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité pour connaître les noms des 3 personnes qui prendront part à la rencontre. Les noms lui ont été communiqués : Monique Gbekia (Présidente), Yacourwa Boué Koné (Vice-président), Nathalie Yamb (Conseillère exécutive du Prof. Mamadou Koulibaly).

Pourtant, le matin du 21 janvier 2019, l’accès à la salle de réunion a été refusée à la délégation de LIDER, qui n’a reçu aucune explication quant au refus de la primature de le voir prendre part au dialogue sur la nécessaire réforme de la Cei dans notre pays, alors même que LIDER est le seul parti politique qui a désigné et investi, lors de son 3e congrès ordinaire du 24 mars 2018, un candidat à l’élection présidentielle de 2020 en la personne du Professeur Mamadou Koulibaly.

LIDER est également le seul parti politique qui a rédigé, diffusé et mis à la disposition de l’opinion et du gouvernement, un projet de réforme de la commission électorale qui préconise la mise en place d’une Cei exclusivement apolitique, composée de 7 personnes proposées par la société civile, qui seront sélectionnées après des auditions publiques et télévisées en direct par l’Assemblée nationale, et qui ne seront assujetties ni au président de la République, ni au conseil de ministres ni au gouvernement lors de l’exercice de leur mission.

Suite à cela, la Présidente de LIDER a entrepris des visites auprès des représentations diplomatiques accréditées en Côte d’Ivoire pour leur expliquer le bien-fondé de la présence de LIDER à ces négociations.

Le 1er avril 2019, par le courrier portant référence 000384/MIS/CAB, Monsieur Sidiki Diakité, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, a invité la Présidente de LIDER à la 2ème réunion prévue se dérouler le 4 avril 2019 à 15h00 à la salle C de la primature.

Afin d’éviter la mésaventure du 21 janvier 2019, la direction de LIDER a pris soin d’adresser un courrier de demande de confirmation le 02 avril 2019. 

Suite à ce courrier, le Chef de cabinet du Ministre de l’Intérieur a échangé au téléphone avec la Présidente de LIDER pour confirmer qu’elle était bel et bien attendue. LIDER a envoyé une délégation de trois (03) personnes : le Vice-président Yacourwa Boué Koné, le Délégué général Jacob Kouakou Atta et Khodor Chouman, Conseiller de la Présidente. 

Nous avons donc pris part à cette séance, lors de laquelle il avait été convenu de mettre en place un comité restreint de travail dont les modalités de désignation restaient à définir d’accord parties. Quelle ne fut donc pas notre surprise de recevoir un courrier du ministère de l’Intérieur daté du 10 mai 2019, et enjoignant LIDER à s’associer à UDR, PACI et UDCY pour désigner un représentant aux travaux du comité restreint prévus pour le jeudi 16 mai 2019 !

LIDER a marqué par écrit son étonnement de se voir imposer une plate-forme, organisée par le ministère de l’intérieur, avec des partis politiques tels que Udr, Paci qui lui est même membre du Rhdp-parti unifié. LIDER a donc informé le ministère de sa décision d’aller à cette rencontre en son nom personnel. 

A la date indiquée, Jacob Kouakou Atta, Délégué général de LIDER, s’est vu refuser l’accès à la salle, au motif que le représentant du Paci avait été désigné par le ministère pour parler au nom de LIDER. Dans un entretien accordé à un média de la place, la Présidente de LIDER a exprimé sa vive indignation face à cette attitude inadmissible, irrespectueuse et complotiste du gouvernement. 

Depuis ce jour, nous n’avons plus été associés à aucune rencontre.

L’ANALYSE DE LIDER

LIDER constate que le gouvernement n’a nullement l’intention de réformer le code électoral, ni la Commission électorale, ce qui constitue une violation de l’arrêt du 18 novembre 2016 de la cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui a déclaré la Commission électorale ivoirienne illégale et donnait un an à l’Etat de Côte d’Ivoire pour recomposer la Cei conformément au principe d’impartialité. 

LIDER constate aussi le refus du gouvernement de procéder à l’enrôlement des 7 millions d’électeurs encore exclus de la liste électorale, dont une majorité de nouveaux majeurs, ainsi que sa décision de confier la confection de la carte nationale d’identité payante à la très douteuse société belge SEMLEX. 

LIDER constate par ailleurs, suite au communiqué puis à sa rencontre avec le groupe de Plaidoyer et d’Action pour une Transparence Electorale (GPATE) le 28 mai 2019, que le gouvernement a eu la même attitude méprisante et divisionniste avec la société civile qu’avec les partis politiques. 

LA POSITION ET L’APPEL DE LIDER

Considérant que la Cei, dans la proposition faite par le gouvernement, reste inféodée au pouvoir en place et ne remplit pas les critères d’impartialité et d’autonomie qui permettraient la tenue d’élections crédibles et transparentes en 2020 en Côte d’Ivoire ; 

Considérant que le pouvoir en place a usé du dilatoire pour ne pas aller à une vigoureuse réforme de la commission chargée des élections rigoureusement conforme à l’arrêt d’Arusha par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ;

 Considérant que les germes sont réunis pour une autre crise politique en Côte d’Ivoire en 2020 avec son cortège de tueries et de désolation ; 

Considérant la procédure autoritaire, anti-démocratique, unilatérale, manipulatrice et exclusionniste utilisée par le pouvoir en place dans la conduite des soi-disant négociations relatives à la réforme de la commission électorale ;

LIDER recommande au gouvernement de cesser ses manœuvres dilatoires et de mettre immédiatement en place un cadre de dialogue unique, qui réunisse autour d’une même table la société civile, les partis politiques et le gouvernement.

LIDER appelle le peuple de Côte d’Ivoire à se mobiliser pour une commission électorale restreinte, au sein de laquelle ni les partis politiques, ni l’administration n’auront de voix délibérative, et qui procédera rapidement à l’enrôlement continu et gratuit des citoyens en âge de voter.

LIDER prévient l’opinion nationale et la communauté internationale que les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’organisation du scrutin présidentiel de 2020 par une commission électorale qui ne diffère pas radicalement dans le fond et dans la forme de celle qui a été déclarée partisane et illégale par la CADHP conduira inéluctablement à des violences similaires à celles qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire à chaque joute électorale depuis 2010.

LIDER met en garde le gouvernement contre toute tentative de passage en force pour imposer à nouveau une commission électorale partisane, politique, déséquilibrée et qui ne bénéficierait pas d’une indépendance financière, matérielle, organique et fonctionnelle nécessaire à l’organisation d’élections crédibles et apaisées.

LIDER en appelle à tous les Ivoiriens, aux partis politiques, aux organisations des Droits de l’Homme, aux syndicats, aux parents, à l’ensemble de la société civile, à la diaspora, à tous les démocrates épris de justice et de paix, à toutes les forces vives de la nation à user de toutes les voies légales et démocratiques pour faire échec à cette forfaiture qui menace à nouveau très gravement la paix et la stabilité de notre pays. Comme le disait St Augustin: «A une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir.»

Fait à Abidjan le vendredi 31 mai 2019 

La Présidente de LIDER

Monique Gbekia

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Citoyenneté

Côte d’Ivoire: “Alassane Ouattara, le vrai père de l’Ivoirité ?” (Opinion)

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Son Excellence M. Alassane Ouattara, président de la République de Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire : “Alassane Ouattara, le vrai père de l’Ivoirité ?” (Opinion)

par Afrik Soir on 12 juin 2019

Pourquoi diantre je n’ai pas le droit de dire que je suis Ivoirien ?Pourquoi les autres ont le droit de m’appeler gnak au Sénégal mais je n’ai pas le droit de lui rappeler qu’il vient du Sénégal. Les autres peuvent traiter l’ivoirien de « grande gueule » mais lui n’a pas le droit d’énoncer un stéréotype concernant son pays.

Le faire ou l’insinuer fait de moi automatiquement un xénophobe. Ivoirien, à un moment, il faut se départir de ce faux complexe. Dieu m’a fait grâce de connaître d’autres pays et très récemment le pays du monde libre. Dans chacun de ces pays on me disait. « Toi à ta façon de faire et t’habiller tu ressemble à un ivoirien » je n’ai pas traité quelqu’un de xénophobe. J’étais d’ailleurs fier. 

A mes rayures les autres reconnaissaient que j’étais un tigre. Ma culture se lisait dans ma façon de faire. Mais il suffit que l’ivoirien disent Burkinabé, malien, sénégalais ou je ne sais quoi encore pour qu’on le traite de xénophobe.

 

pourquoi nous en sommes là aujourd’hui ? Nous en sommes là Parceque Alassane Ouattara a tellement instrumentalisé ce vocable. Il a tellement joué sur cette corde de l’ivoirité que l’ivoirien a honte de revendiquer sa préférence nationale. Le faire ce serait blesser les autres. En gros c’est un outrage.

 Ce venin du complexe d’être ivoirien Alassane Ouattara a su le placer habillement dans la matrice de nombreux ivoiriens notamment de deux groupes démographiques importants en Côte d’Ivoire : les musulmans et les ressortissants du nord. Qui ne se rappelle pas cette fameuse phrase? « On ne veut pas que je sois président, parce que je suis musulman et du nord »

 Avec cette simple phrase il s’est autoproclamé souffre-douleur d’un système. Moi, Daouda Coulibaly, né à Bouaké. Originaire d’Odienne plus précisément de Tieme, je ne me suis jamais senti concerné par ce vocable Ivoirité. Je ne me suis jamais senti persécuté. Je n’ai pas à justifier de ma nationalité. Je le suis un point. Un tigre, un vrai ne clame pas sa tigritude. Ça se voit à ses rayures. Dieu merci dans mes mots et mes accoutrements on sait déjà. Pourquoi devrais-je polémiquer. Pourquoi je dois me sentir concerné ?

 Hélas, c’est toujours nos parents du nord qui se sentent touchés par ces propos. A un moment, si vous vous sentez obligés de justifier de votre nationalité c’est que les gens ont peut-être raison.

 Il n’y a pas de honte à être ivoirien et à revendiquer sa préférence nationale. Où est donc le crime que certains fassent passer les nationaux avant les autres. Excusez moi, mais tout près de nous à Dakar, en tant qu’ivoiriens je paye plus que le sénégalais pour voir l’île de Gorée notre histoire commune. Si ce n’est pas de la préférence nationale c’est quoi?

 A un moment, il faut arrêter avec ce faux complexe sans nom que le président veut nous imposer. J’aime l’étranger mais je préfère ma nation.

 Daouda Coulibaly

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Côte d’Ivoire-Dérive identitaire: Théophile Kouamouo dénonce le faux combat de Bédié

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Suite à la sortie polémique récente de Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, le journaliste indépendant Théophile Kouamouo, à travers un post sur Facebook, condamne les propos du sphinx de Daoudro

Suite à la sortie polémique récente de Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, le journaliste indépendant Théophile Kouamouo, à travers un post sur Facebook, condamne les propos du sphinx de Daoudro.

« S’il faut parler de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire, il faut en parler de manière rigoureuse et précise. Il faut mettre très clairement en cause les patrons de ces filières, et non pointer du doigt leurs exécutants qui sont au final de pauvres hères.
En effet, le 6 avril 2011, alors que la bataille d’Abidjan battait son plein, Le Canard Enchaîné indiquait que l’or issu des mines artisanales avait financé l’effort de guerre du camp Ouattara. Sous ma plume, Le Nouveau Courrier résumait alors ces révélations : « Des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et 2010, d’importantes quantités d’or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de… l’ONU. Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées. A l’état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15 000 euros le kilo. » Bédié s’en est-il offusqué ? Nada.
En 2015, une enquête de France Inter évoquait une filière d’orpaillage clandestine en Côte d’Ivoire. Expliquait bien que les orpailleurs burkinabé et les propriétaires terriens ivoiriens ne touchaient qu’une petite partie des bénéfices de cette exploitation. Suivant la trace des gros sous, cette enquête pointait du doigt l’ex comzone Wattao et « des personnages en vue du gouvernement ivoirien actuel, ou de l’ancien gouvernement burkinabé ». Elle s’inspirait notamment d’un document interne de l’ONU (https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-04-decembre-2015). Les ministres du PDCI étaient au gouvernement. Bédié était le PCA de la Côte d’Ivoire.
Aujourd’hui, sans pointer clairement du doigt les bénéficiaires locaux et internationaux de cette exploitation aurifère, Bédié cible la piétaille prolétaire de cette vaste entreprise de dépossession. Une piétaille exposée au mercure et au cyanure, qui mourra de cancers divers tandis que les comptes des commanditaires se rempliront dans les paradis fiscaux.
Mais en réalité, quand on prend les choses dans leur complexité, on comprend pourquoi il est urgent pour lui de poser la question en termes identitaires. Il compte bien soulever les émotions binaires et faire oublier son insertion dans le système de prédation dont les orpailleurs clandestins sont la face visible.
La diversion nationaliste apparaît là encore comme l’arme de la bourgeoisie locale qui ne veut pas rendre de comptes, qui ne veut pas s’engager à changer quoi que ce soit, qui ne veut pas dénoncer le sommet de la pyramide prédatrice, qui ne veut même pas demander pardon pour tout ce à quoi elle a exposé le peuple ivoirien » Théophile Kouamouo

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Côte d’Ivoire / Assalé Tiémoko à Bédié: Ne faisons pas d’amalgames entre la fraude sur la nationalité Ivoirienne et les élections!

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Assalé Tiémoko Antoine

Côte d’Ivoire / Assalé Tiémoko à Bédié: Ne faisons pas d’amalgames entre la fraude sur la nationalité Ivoirienne et les élections!

Par leadernews, 09/06/2019

Le débat sur les propos tenus par le président du PDCI, monsieur Henri Konan Bédié, continu d’enflammer les réseaux sociaux. Assalé Tiémoko, patron du journal l’Eléphant déchaîné, n’est pas resté indifférent face à cela. Ainsi, à travers une publication sur son compte Facebook, il fait d’importantes précisions.

Le courage en politique, ne s’apprécie qu’à l’aune des risques qu’on prend  en adoptant telle ou telle position.

Il faudra bien un jour que les Ivoiriens, seules victimes des compromissions des hommes politiques, que dis-je, des politiciens ivoiriens, comprennent qu’on ne peut pas, tous les cinq ou dix ans, jouer avec leur vie.

La fraude sur la nationalité Ivoirienne, aussi incroyable que cela puisse paraître n’a jamais eu pour finalité une question électorale ou du moins, majoritairement,  elle était faite  dans un but purement économique.

Une enquête publiée par l’éléphant déchaîné en 2017, documents à l’appui,  à révélé cette réalité.  Les gens fraudent sur la nationalité Ivoirienne,  essentiellement, pour éviter les tracasseries policières.  Si cela était fait dans l’optique des élections,  la liste électorale ivoirienne, malgré l’abaissement de l’âge de vote à 18 ans, ne serait pas à moins de 7 millions d’inscrits sur 26 millions d’habitants. Ce qui est un immense paradoxe. En comparaison avec le Ghana, pour 30 millions d’habitants et l’âge de vote fixé à 21 ans, il y a 15,742 millions d’inscrits sur la liste électorale.  Il y a donc clairement un problème en Côte d’Ivoire.

Quand la loi portant simplification de la procédure de naturalisation en Côte d’Ivoire a été votée en août 2013, certains, notamment les opposants au régime du RHDP,  alors fort du PDCI,  ont crié à la naturalisation de 700 mille étrangers qui allaient s’accaparer nos terres puisque les étrangers ne peuvent plus être propriétaires de terres en Côte d’Ivoire, depuis la nouvelle constitution.

Mais, curieusement,  sur près de 177 mille dossiers de naturalisations déposées,  seuls environ 14 mille ont obtenu un résultat positif. Tous les autres dossiers ayant été rejetés,  comme l’éléphant l’a écrit documents à l’appui.  Et c’est  d’ailleurs au cours de cette enquête que nous avons découvert que de tous les présidents ivoiriens, Ouattara est celui qui a signé le moins de décret de naturalisation en presque dix ans. Rejetant presque systématiquement tous les dossiers qui arrivent à la présidence pour telle ou telle raison. Nous avons déjà écrit ça aussi.

Au regard de tout ce qui précède,  on ne peut qu’appeler nos politiciens à user de la plus grande prudence sur la question de la fraude sur la nationalité en ne la rattachant pas systématiquement  à des questions électorales.  C’est le meilleur moyen pour polluer ou corrompre un sujet aussi sérieux.

Et c’est pour cela que je dénonce avec fermeté,  la nouvelle posture du président Bédié. En posant le problème ainsi qu’il l’a fait, surtout en ciblant une commune d’Abidjan,  Abobo en l’occurrence, présumée  peuplée majoritairement de militants d’un parti politique, il ne peut obtenir pour résultat que la frustration, la colère et le repli identitaire.

Car, en 2014, du temps où le PDCI filait du bon coton avec le RDR dans le cadre du RHDP,  quand nous avons révélé le scandale de la fraude sur la nationalité ivoirienne, de tous ceux qui prétendent faire la politique en Côte d’Ivoire,  seul Mamadou Koulibaly,  a réagit.

En effet,  cet homme dont on connait la constance dans les prises de position, aujourd’hui maire de Azaguie,  m’ a  appelé au téléphone et m’a dit exactement : « ASSALE,  je   je te félicite pour ton enquête. Mais tu as pris des risques inutiles. Ceux qui dirigent le pays ne te feliciteront pas, ils ne diront rien,  il n’y aura aucune enquête,  aucun débat parlementaire sur le sujet,  parce que cette situation les arrange tous. Pense donc à ta famille et ne risque plus inutilement ta vie ».

A l’époque le PDCI aurait dû poser le problème et demander au pouvoir de se pencher sur ce sujet qui est la raison essentielle qui a motivé la prise des armes par d’autres Ivoiriens. Mais non,  ils n’ont rien dit parce que, on leur a dit que 2020 serait leur tour et que quel que soit l’adversaire en face, ils auraient les voix des militants du RDR, qu’ils soient de « vrais Ivoiriens » ou des fraudeurs sur la nationalité. Et, maintenant que ce n’est plus le cas, voilà que dans un contexte aussi trouble, le PDCI, du moins ce qu’il en reste, par la voix de son président,  Bédié, vient poser ce problème de la plus mauvaise des manières dans un contexte corrompu par la perspective électorale de 2020 en  orientant le débat sur  une commune précise, Abobo. Désormais considéré comme le laboratoire de la fraude au bénéfice d’un parti pour fausser le jeu électoral en 2020.

Le résultat le plus certain auquel le président Bédié va parvenir, c’est de diviser encore le pays, de provoquer le repli identitaire d’une partie des Ivoiriens.

En posant le problème ainsi qu’il l’a fait, le président a aggravé le mal. Et c’est ce que je dénonce.  Ne faisons pas d’amalgames entre cette fraude et les élections.

A moins que le cri des morts des crises que nous avons connues ne nous dise rien…

Assalé Tiémoko Antoine                                                                                                   Maire de la commune de TIASSALE

 

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