France/Côte d’Ivoire : Négociations au sommet sur une rallonge budgétaire
Par LA LETTRE DU CONTINENT 12/06/2019
Peinant à boucler son budget, Abidjan a discrètement demandé 250 millions d’euros à la France. Paris tergiverse, mais craint qu’un refus n’impacte le contrat de train urbain d’Abidjan porté par des groupes français.
Saisi d’une demande d’appui budgétaire de 200 à 250 millions € du gouvernement du premier ministre Amadou Gon Coulibaly, Rémi Rioux, le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), doit dépêcher dans les semaines à venir une mission en Côte d’Ivoire. La demande Ivoirienne vient s’ajouter aux 147 milliards (224 millions €) que la France s’est déjà engagée à verser au budget Ivoirien dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D), le principal outil de coopération budgétaire entre les deux pays.
Paris rechigne à répondre à la demande Ivoirienne, mais craint qu’Abidjan ne fasse du chantage sur le chantier de train urbain d’Abidjan. Inauguré en 2017 par les présidents Emmanuel Macron et Alassane Ouattara (LC n˚766), ce projet financé à hauteur de 1.4 milliard € par la France n’est toujours pas lancé à ce jour. Il est porté par un consortium de groupes hexagonaux (Bouygues, Thales, Alstom, etc.).
Côté Ivoirien, les relances envers Paris se font pressantes car de graves tensions de trésorerie sont apparues ces derniers mois dans l’exécution du budget 2019, mettant sous pression le ministre de l’économie et des finances, Adama Koné, et son collègue du budget, Moussa Sanogo. Première cause de ce trou d’air : les services du fisc et des douanes ont réalisé des recouvrements qui se situent très loin de leurs objectifs. Sous la pression de la primature, mais également de la présidence, tous les ministères ont donc été sommés de réviser à la baisse leurs budgets de fonctionnement et d’investissement de 25%. Au ministère du budget, un collectif est actuellement en préparation pour revoir les projections de recettes et les ramener dans une fourchette qui soit plus proche des réalités.
Source: la lettre du continent