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« Il faut arrêter d’appeler et agir » Haumar Sory (LIDER) à l’opposition ivoirienne

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Haumar Sory, Délégué régional à l'implantation de LIDER pour la Suisse et l'Italie. Photo d'Illustration

Suite à la parodie électorale du samedi 31 octobre 2020 en Côte d’Ivoire, Haumar Sory, Délégué Régional à l’Implantation (DRI) de LIDER en Suisse et Italie, a souhaité, à travers nos colonnes, réagir à l’actualité politique brûlante du pays, mais aussi surtout à la déclaration de la plateforme de l’opposition le dimanche 1er novembre 2020. Nous publions ici cette création.

Depuis le 7 Août 2020, la Côte d’Ivoire est en proie à des violences avec son lot de morts et de blessés, suite à la décision de Alassane Dramane Ouattara de briguer un 3e mandat. Ces violences ont connu un pic non tolérable, suite, d’une part, au mot d’ordre de désobéissance civile lancé par l’opposition ivoirienne, et d’autre part, à la parodie électorale du samedi 31 octobre 2020. C’est dans ce contexte de tensions extrêmes, d’engagement total et de sacrifice inestimable du brave peuple de Côte d’Ivoire, débout contre l’asservissement, qu’intervient la déclaration de la coalition de l’opposition ivoirienne, le dimanche 1er novembre 2020, « appelant à la mise en place d’une transition civile pour reprendre le processus électoral ».

Avant toute analyse, je souhaiterais m’incliner devant la mémoire de tous ces braves ivoiriens tombés, souvent sous les machettes, souvent sous le balles, mais aussi dans les incendies de la milice militaire et civile de Alassane Dramane Ouattara; apporter toute ma compassion aux familles des victimes et affirmer ma solidarité avec tous les blessés de cette barbarie à laquelle l’ex-président ivoirien, Alassane Ouattara, devra répondre devant la justice. Je voudrais aussi féliciter la mobilisation exceptionnelle des populations ivoiriennes qui ont répondu sans rechigner  au mot d’ordre de boycott de l’opposition et ont réussi a empêché la tenue de la mascarade électorale du 31 octobre 2020 sur toute l’étendue du territoire national.

Ceci dit, j’applaudis le timing de la déclaration du 01 novembre 2020 de l’opposition, mais quant à son contenu, je devrais avouer qu’elle me rend perplexe et résonne comme une symphonie inachevée. Je suis certain que bon nombre ivoiriens partage le même sentiment que moi.

« L’opposition appelle à la mise en place du transition civile… » a dit le président Pascal Affi N’guessan. À qui l’opposition fait-elle appelle? Quelle est cette entité qui va mettre en place cette transition civile à la place des ivoiriens? Ou encore de qui devrait venir l’autorisation pour la mise en place de cette transition? voilà des questions que cette déclaration de l’opposition laisse ouverte.

Pour ma part, et pour ne pas écrire un mémoire sur cet sujet, nous n’en avons pas le temps d’ailleurs, je pense que l’opposition doit arrêter « d’appeler » et agir, en posant des actes dignes de l’engagement et du sacrifice des 150 personnes tombées au front de la mobilisation pour répondre aux différents appels de désobéissance et de boycott.

Et agir dans le contexte actuel, c’est mettre en place sans délai et sans aucune forme de procédure le gouvernement de transition civile. En effet, la posture attentiste que prend l’opposition ivoirienne dans cette déclaration est indigne des morts de Bonoua, de Dabou, de Toumodi, de Niablé, de Yamoussoukro, de Daoukro et de biens d’autres localités.

Ce n’est donc plus le moment « d’appeler », mais plutôt celui de décider pour répondre à l’appel du peuple de Côte d’Ivoire, qui a explicitement exprimé sa volonté de ne plus voir Alassane Ouattara présidé à sa destinée, en posant des actes concrets pour soulager ce peuple. Ne le trahissons pas!

Haumar Sory

DRI LIDER Suisse-Italie

N.B: le titre est de la rédaction

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