Depuis le déclenchement de la crise ouverte entre les autorités du Mali et l’Elysée, Emmanuelle Macron a dû, très souvent à son corps défendant, prendre plusieurs décisions.
Si le retrait de ses troupes du Mali, et l’annonce récente de la fin « théorique » de la mission Barkhane au Sahel sont des décisons qui lui ont été plutôt imposées par le « sentiment anti-français » grandissant dans la région, Paris a pris, en catimini, sa toute première bonne décision historique dans le cadre de ses relations avec ses néo-colonies africaines.
En effet selon une source diplomatique, citée par le média français « Le Monde », Paris a décidé, « il y a une ou deux semaines » de suspendre son aide publique au développement (APD) en faveur du Mali, sans en avoir fait une communication officielle.
Si cette décision est perçue dans l’hexagone comme une punition à l’encontre du mauvais élève françafricain qu’est devenu le Mali, elle sera aperçue par la galaxie souverainiste panafricaine, comme une sage décision, qui trahirait une certaine prédisposition de l’Elysée à reapprécier, la nature de ses relations avec ses « ex-colonies ».
En tout état de cause, cette décision peut être perçue comme le début de l’aide à laquelle Thomas Sankara faisait allusion quand il affirmait: « Nous encourageons toute aide qui nous aide à nous passer de l’aide, car la politique d’assistance n’a contribué qu’à nous asservir, à nous désorganiser et à nous déresponsabiliser »
Pour l’heure, exepté Coordination Sud, un collectif d’ONGs françaises actives au Mali, qui ont adressé un courrier de protestation à Emmanuel Macron, cette décision ne semble pas tant émouvoir sous les tropiques. Ne serait-il pas même souhaitable que cette décision soit élargie à l’ensemble des pays d’Afrique francophone?
Hervé Christ