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Rebellion du 19 Septembre 2002: Kevin Domoraud raconte Bouaké

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Kevin Domoraud

La rebellion ivoirienne née du coup d´Etat manqué contre l´ancien Président Laurent Gbagbo, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, a laissé des meurtrissures pronfondes au-delà du traumatisme psychologique. En ce 19 septembre 2020, jour anniversaire de la tragédie, Kevin Domoraud se souvient de ces évènements 18 ans apres comme si c´etait hier.

« Le mercredi 18 septembre 2002 après les cours à la fac, mon ami Anicet et moi avions fait un détour au stade de Bouaké pour suivre la rencontre d’ouverture de la coupe UEFOA. Après la rencontre, chacun est rentré chez lui.Personne ne se doutait de rien.

Et puis vint la nuit où nous avons entendu des coups de feu. Pour moi c’était une mutinerie comme nous l’avions connu sous Gueï les 4 et 5 juillet 2000 et où beaucoup de magasins furent pillés au quartier commerce.
Le matin nous nous sommes regroupés sous l’apatam de Mme Essan ( une tantie qui faisait du bon poisson braisé ) avec les grands frères Arnaud M’bahia, Arnaud Bonin, Koutpé, mon ami Bleke Patrick Mathieu Die et bien d’autres que j’oublie forcément. Un petit poste captait rfi et on debriefait l’actualité chaque 30 min. Avec entre deux informations les rumeurs les plus folles. On apprenait ainsi la mort du ministre Boga Doudou, puis de l’ex chef d’état Gueï Robert , de Dally Oblé, Dagrou Loula etc. Les rumeurs de Bouaké annonçait déjà la présence de I.B et Zaga-Zaga dans la ville… Ce qu’on croyait être une « simple mutinerie  » prenait des proportions d’un vrai coup d’état. Personne ne pouvait s’imaginer qu’il s’agissait d’une rébellion. On ne la connaissait pas encore en Côte d’Ivoire, donc ça nous paraissait lointain. Pourtant c’est ce qui se passait sous nos yeux.
Le 27 septembre qui suivit, les français positionnaient des chars un peu partout dans la ville pour évacuer leurs ressortissants. C’était la panique dans la ville au sein de la population, le rumeurs les plus folles circulaient. Ceux qui pouvaient et étaient véhiculés en profitaient pour quitter la ville avec leurs familles même en étant pas français.
Nous, avons attendu après la tentative manquée de reprise de la ville par les FDS qui avait commencé le dimanche 6 octobre vers 13h pour s’achever le lendemain lundi. Cette tentative manquée avait rajouté à l’atmosphère déjà tendue qui régnait dans la ville. On apprenait le massacre de gendarmes, de dénonciations de populations soupçonnées d’avoir fourni des informations aux loyalistes sans toutefois pouvoir les vérifier. Mais à quoi bon ? Les seuls véhicules d’ambulances et autres corbillards qui circulaient dans la ville en disaient long sur la violence des affrontements.
Profitant d’une médiation pour l’obtention d’un cessez-le-feu sous l’égide de la CEDEAO qui devait se tenir à l’ENSOA, mes sœurs, ma mère et moi rejoints par une tante et ses enfants, mère de Serge Roland Dago, qui habitait le quartier DarEs Salam (craignant des exactions) quittions la ville . C’était le 12 octobre 2002, 24 jours après la tentative de coup d’état qui s’est muée en rébellion armée.
Mars 2002 je perdais mon père. Octobre 2002 je quittais ville qui m’a vu grandir sans savoir quand j’y reviendrais…C’était le déchirement.
L’histoire de septembre 2002 on ne me la raconte pas. Je l’ai vécue.

Pour que nul n’oublie ».

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Crise au Sahel : la responsabilité de la France se confirme

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La condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison dans l’affaire des financements libyens ne relève pas seulement d’un scandale politico-financier

La condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison dans l’affaire des financements libyens ne relève pas seulement d’un scandale politico-financier. Elle agit comme un miroir brutal de l’histoire récente : la guerre de 2011 en Libye, lancée sous l’impulsion de Paris, n’était pas seulement une croisade humanitaire contre Kadhafi. Elle portait aussi les relents d’une opération d’étouffement politique.

Quand Kadhafi menaçait de parler

À l’époque, Mouammar Kadhafi multipliait les signaux qu’il disposait de preuves compromettantes sur le financement de la campagne présidentielle de 2007. La perspective d’une révélation publique planait comme une épée de Damoclès sur l’Élysée. L’intervention militaire, sous couvert de protéger la population civile, a eu pour conséquence directe de réduire au silence un dirigeant devenu trop gênant.

Le chaos libyen, matrice de l’instabilité au Sahel

La disparition du régime a plongé la Libye dans un vide sécuritaire total. Armes en circulation libre, milices incontrôlées, réseaux criminels renforcés : ce chaos a rejailli sur tout le Sahel. Du Mali au Burkina Faso, les groupes armés ont prospéré, alimentés par les stocks libyens et par l’absence d’un État central fort à Tripoli. Résultat : une décennie plus tard, la région s’enfonce toujours dans une spirale de violences et de coups d’État militaires.

Un verdict qui éclaire le passé

En condamnant Sarkozy, la justice française met en lumière l’arrière-plan douteux d’une politique étrangère dont les conséquences continuent de ravager l’Afrique. Loin d’être un simple épisode judiciaire, ce verdict souligne la responsabilité historique de la France : celle d’avoir ouvert la boîte de Pandore libyenne pour des raisons où l’intérêt général se confondait avec des calculs personnels.



Le Sahel paie aujourd’hui le prix d’une intervention dont la sincérité humanitaire apparaît de plus en plus discutable. Et si la justice française juge l’homme Sarkozy, c’est bien la mémoire collective qui juge la stratégie française en Libye : un engrenage tragique dont l’Afrique ne s’est toujours pas remise.

Herve Christ

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Santé publique: les mauvaises priorités du gouvernement ivoirien

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Le Conseil des ministres du 17 septembre 2017 a adopté un décret réglementant les transports sanitaires terrestres, aériens et maritimes.

Le Conseil des ministres du 17 septembre 2017 a adopté un décret réglementant les transports sanitaires terrestres, aériens et maritimes. Présenté comme une étape de la réforme hospitalière, ce texte devait, selon le gouvernement ivoirien, renforcer l’offre de soins et répondre aux besoins des populations.

En réalité, ce décret illustre surtout le décalage profond entre les annonces officielles et les réalités vécues par les Ivoiriens. Alors que la majorité peine à trouver une ambulance fonctionnelle ou un centre de santé, l’État se préoccupe des transports sanitaires aériens et maritimes, dont seuls quelques privilégiés pourront bénéficier, notamment les membres du gouvernement.

Pendant que les hôpitaux publics souffrent d’un manque chronique de moyens (plateaux techniques vétustes, pénurie de médecins spécialisés, déficit de médicaments), occasionnant un manque d’accès de  la majorité des populations à des soins de qualité, surtout en zones rurales, ’État met en avant un dispositif prestigieux (transport aérien/maritime), pour donner l’impression d’être engagé dans la modernisation de son système sanitaire.

Cet intérêt du gouvernement pour l’organisation des transports sanitaires, surtout ceux aériens. interpelle davantage quand on sait, qu’ils en seront les premiers bénéficiaires. En effet,  ministres et hauts fonctionnaires sont les seuls à se faire soigner à l’étranger, bénéficiant même d’accords spéciaux, comme celui signé avec Corsair, qui leur accorde des réductions sur leurs billets et sur des soins dans des hôpitaux en France.

Résultat des courses : une médecine à deux vitesses s’installe. D’un côté, le peuple abandonné à des structures vétustes et sous-financées. De l’autre, une élite qui voyage à moindre coût pour se faire soigner à l’étranger, à moindre coût.

Ce décret, loin d’être une véritable réforme de santé publique d’intérêt, apparaît comme une mesure de prestige, vitrine politique destinée à donner l’image d’un État modernisateur, sans résoudre les problèmes de fond du système hospitalier ivoirien.

Hervé Christ

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France: François Bayrou enfin nommé Premier Ministre

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François Bayrou, Premier Ministre de France

Paris – Le 13 décembre 2024, le président Emmanuel Macron a nommé François Bayrou au poste de Premier ministre, succédant à Michel Barnier, dont le gouvernement a été renversé par une motion de censure.

François Bayrou, âgé de 73 ans, est un homme politique centriste de longue date et président du Mouvement Démocrate (MoDem). Il a précédemment occupé des postes ministériels, notamment celui de ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997 et de ministre de la Justice en 2017.

Sa nomination intervient dans un contexte de blocage politique en France, avec une Assemblée nationale fragmentée entre plusieurs blocs : l’alliance de gauche, le Rassemblement national de Marine Le Pen et les alliés de Macron. Le gouvernement précédent de Michel Barnier a échoué à obtenir un soutien suffisant, conduisant à son renversement.

Dans son discours inaugural, François Bayrou a souligné l’importance de la justice sociale, du républicanisme et de la réconciliation nationale. Il a également mis l’accent sur la transparence et l’égalité des chances, promettant de rapprocher les politiques des citoyens.

Sous surveillannce démocratique de l´Assemblée Nationale, François Bayrou fait face à des défis majeurs, notamment la nécessité de former un gouvernement capable de naviguer dans un paysage politique divisé et de répondre aux préoccupations économiques et sociales pressantes du pays. Sa capacité à bâtir des consensus sera cruciale pour la stabilité politique et économique de la France.

Leadernews.ci 

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