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Côte d’Ivoire : Blé Goudé invite le pouvoir au dialogue

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M. Blé Goudé

Le Congrès pour l’égalité et la justice des peuples(Cojep), promoteur de l’initiative citoyenne ‘’La voix du peuple’’, a organisé le samedi 3 octobre 2020 au terrain d’Abidjan-Riviera Anono, un meeting pour exiger le report de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020.

À cette occasion, le président du Cojep et de La voix du peuple, Charles Blé Goudé, depuis la Haye en Pays-Bas, son lieu de détention, s’est adressé au peuple ivoirien et à la classe politique, en présence du président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan et les représentants des autres partis de l’opposition.

Il a corsé la tonalité de son message à l’égard du pouvoir Rhdp, alors qu’il avait pendant plusieurs semaines, tenté d’adopter une posture médiane , se refusant à tout parti pris, ou à une partisane entre l’opposition et le gouvernement.
Ci-dessous, un extrait de son message.

« Moi, je veux qu’on reporte les élections pour mettre ce report à profit pour recoudre de ce qui a été déchiré. Je demande le dialogue national, pour recoudre ce qui a été déchiré. Je demande qu’on donne un organe électoral indépendant qui n’a pas le contrôle du pouvoir en place, des politiques pour recoudre ce qui a été déchiré. Je demande la dissolution du Conseil constitutionnel pour mettre à sa tête un magistrat qui n’est pas Rdr, qui n’est pas Fpi, Pdci, mais qui est libre et qui travaille pour la Côte d’Ivoire.

Quand on demande qu’on ait une liste électorale consensuelle, c’est pour recoudre ce qui a été déchiré. Pourquoi à chaque élection, nous sommes obligés de compter les morts ? De compter les blessés, de compter les prisonniers ? Il y en a qui disent ‘’il n’y a pas de problème’’. D’autres disent ‘’il y a un problème’’. Mais ceux qui disent ‘’il n’y a pas de problème’’, eux, ils font semblant de ne pas voir. (…) Un bâtisseur, ce n’est pas celui qui bâtit les ponts seulement. Un bâtisseur, c’est quelqu’un qui bâtit sur des valeurs.

En Côte d’Ivoire, nos dirigeants confondent le silence et la stabilité. Tu contrains l’autre au silence avec ta force, tu contrains l’autre au silence avec tes microbes, et parce qu’ils souffrent dans le silence, ils sont sur vibreur, et toi tu appelles ça stabilité. Tu étais dans l’opposition hier, tu criais changement, maintenant au pouvoir, tu es réfractaire au changement. Tu parles de justice alors que toi-même tu es injuste. Un homme d’État, il bâtit pour la postérité, le politicien, il se bat juste pour se maintenir au pouvoir. Et c’est ce que je vois. Apprenons à discipliner nos ambitions. Moi, je ne suis pas content hein(…) Comment on va à une élection, et elle est déjà bouclée calée, gérée ? C’est ce qu’on appelle la tricherie. C’est vrai, la Côte d’Ivoire a besoin de tous ces fils et de toutes ces filles. Mais quand on va se rassembler , il faut qu’on se dise la véri-té. Gbagbo Laurent, tu le maintiens à Bruxelles, et tu vas à Gagnoa ‘’Non, je veux la paix’’. Tu as vu ça où ? Tu emprisonnes, tu piétines le fils d’une région, et tu demandes à ses parents de venir avec toi. Tu auras quelques affamés qui iront au restaurant mais les autres qui vont sortir pour t’applaudir, c’est parce qu’ils ont peur que tu les tues. Cette élection qui va venir, moi, je souhaite qu’elle soit une élection zéro mort, parce qu’on se sera assis autour d’une table. Et je demande au président Ouattara de faire assoir l’opposition et le pouvoir autour d’une table pour recoudre ce qui a été déchiré. Je demande au président Ouattara de reporter les élections pour recoudre ce qui a été déchiré. C’est sa responsabilité de rassembler les fils de Côte d’Ivoire. (…) Dans une compétition, on ne choisit pas ses adversaires. Moi, je veux une élection apaisée pour que celui qui sera élu, le soit dans la paix pour gouverner dans la paix. Parce que celui qui est élu dans la tension va gouverner dans la tension ».

Charles Blé Goudé a invité le pouvoir à reporter les élections et organiser un dialogue national. Il a également réitéré son soutien au meeting de l’opposition prévu pour le samedi 10 octobre 2020 au stade Félix Houphouët Boigny d’Abidjan. Les différents points évoqués ont été appuyés par Saraka Patrice, président par intérim de La voix du peuple.

 

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Crise au Sahel : la responsabilité de la France se confirme

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La condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison dans l’affaire des financements libyens ne relève pas seulement d’un scandale politico-financier

La condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison dans l’affaire des financements libyens ne relève pas seulement d’un scandale politico-financier. Elle agit comme un miroir brutal de l’histoire récente : la guerre de 2011 en Libye, lancée sous l’impulsion de Paris, n’était pas seulement une croisade humanitaire contre Kadhafi. Elle portait aussi les relents d’une opération d’étouffement politique.

Quand Kadhafi menaçait de parler

À l’époque, Mouammar Kadhafi multipliait les signaux qu’il disposait de preuves compromettantes sur le financement de la campagne présidentielle de 2007. La perspective d’une révélation publique planait comme une épée de Damoclès sur l’Élysée. L’intervention militaire, sous couvert de protéger la population civile, a eu pour conséquence directe de réduire au silence un dirigeant devenu trop gênant.

Le chaos libyen, matrice de l’instabilité au Sahel

La disparition du régime a plongé la Libye dans un vide sécuritaire total. Armes en circulation libre, milices incontrôlées, réseaux criminels renforcés : ce chaos a rejailli sur tout le Sahel. Du Mali au Burkina Faso, les groupes armés ont prospéré, alimentés par les stocks libyens et par l’absence d’un État central fort à Tripoli. Résultat : une décennie plus tard, la région s’enfonce toujours dans une spirale de violences et de coups d’État militaires.

Un verdict qui éclaire le passé

En condamnant Sarkozy, la justice française met en lumière l’arrière-plan douteux d’une politique étrangère dont les conséquences continuent de ravager l’Afrique. Loin d’être un simple épisode judiciaire, ce verdict souligne la responsabilité historique de la France : celle d’avoir ouvert la boîte de Pandore libyenne pour des raisons où l’intérêt général se confondait avec des calculs personnels.



Le Sahel paie aujourd’hui le prix d’une intervention dont la sincérité humanitaire apparaît de plus en plus discutable. Et si la justice française juge l’homme Sarkozy, c’est bien la mémoire collective qui juge la stratégie française en Libye : un engrenage tragique dont l’Afrique ne s’est toujours pas remise.

Herve Christ

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Santé publique: les mauvaises priorités du gouvernement ivoirien

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Le Conseil des ministres du 17 septembre 2017 a adopté un décret réglementant les transports sanitaires terrestres, aériens et maritimes.

Le Conseil des ministres du 17 septembre 2017 a adopté un décret réglementant les transports sanitaires terrestres, aériens et maritimes. Présenté comme une étape de la réforme hospitalière, ce texte devait, selon le gouvernement ivoirien, renforcer l’offre de soins et répondre aux besoins des populations.

En réalité, ce décret illustre surtout le décalage profond entre les annonces officielles et les réalités vécues par les Ivoiriens. Alors que la majorité peine à trouver une ambulance fonctionnelle ou un centre de santé, l’État se préoccupe des transports sanitaires aériens et maritimes, dont seuls quelques privilégiés pourront bénéficier, notamment les membres du gouvernement.

Pendant que les hôpitaux publics souffrent d’un manque chronique de moyens (plateaux techniques vétustes, pénurie de médecins spécialisés, déficit de médicaments), occasionnant un manque d’accès de  la majorité des populations à des soins de qualité, surtout en zones rurales, ’État met en avant un dispositif prestigieux (transport aérien/maritime), pour donner l’impression d’être engagé dans la modernisation de son système sanitaire.

Cet intérêt du gouvernement pour l’organisation des transports sanitaires, surtout ceux aériens. interpelle davantage quand on sait, qu’ils en seront les premiers bénéficiaires. En effet,  ministres et hauts fonctionnaires sont les seuls à se faire soigner à l’étranger, bénéficiant même d’accords spéciaux, comme celui signé avec Corsair, qui leur accorde des réductions sur leurs billets et sur des soins dans des hôpitaux en France.

Résultat des courses : une médecine à deux vitesses s’installe. D’un côté, le peuple abandonné à des structures vétustes et sous-financées. De l’autre, une élite qui voyage à moindre coût pour se faire soigner à l’étranger, à moindre coût.

Ce décret, loin d’être une véritable réforme de santé publique d’intérêt, apparaît comme une mesure de prestige, vitrine politique destinée à donner l’image d’un État modernisateur, sans résoudre les problèmes de fond du système hospitalier ivoirien.

Hervé Christ

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France: François Bayrou enfin nommé Premier Ministre

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François Bayrou, Premier Ministre de France

Paris – Le 13 décembre 2024, le président Emmanuel Macron a nommé François Bayrou au poste de Premier ministre, succédant à Michel Barnier, dont le gouvernement a été renversé par une motion de censure.

François Bayrou, âgé de 73 ans, est un homme politique centriste de longue date et président du Mouvement Démocrate (MoDem). Il a précédemment occupé des postes ministériels, notamment celui de ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997 et de ministre de la Justice en 2017.

Sa nomination intervient dans un contexte de blocage politique en France, avec une Assemblée nationale fragmentée entre plusieurs blocs : l’alliance de gauche, le Rassemblement national de Marine Le Pen et les alliés de Macron. Le gouvernement précédent de Michel Barnier a échoué à obtenir un soutien suffisant, conduisant à son renversement.

Dans son discours inaugural, François Bayrou a souligné l’importance de la justice sociale, du républicanisme et de la réconciliation nationale. Il a également mis l’accent sur la transparence et l’égalité des chances, promettant de rapprocher les politiques des citoyens.

Sous surveillannce démocratique de l´Assemblée Nationale, François Bayrou fait face à des défis majeurs, notamment la nécessité de former un gouvernement capable de naviguer dans un paysage politique divisé et de répondre aux préoccupations économiques et sociales pressantes du pays. Sa capacité à bâtir des consensus sera cruciale pour la stabilité politique et économique de la France.

Leadernews.ci 

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