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International: Le saviez-vous ? TIDJANE THIAM était victime de racisme en SUISSE

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M. Tidjane Thiam; ex DG Crédit Suisse

Tidjane Thiam a fait retrouver la rentabilité au Crédit Suisse. Mais aux yeux des Suisses, il est demeuré un étranger, et un scandale imprévu l’a fait tomber.

En novembre dernier, Urs Rohner, le président du conseil d’administration du Crédit Suisse, fêtait ses 60 ans dans un restaurant de Zurich. Parmi les nombreux amis, membres de sa famille et associés présents, un seul invité, selon les hôtes, était Noir: Tidjane Thiam, le directeur général de la banque.

La soirée avait pour thème le ‘Studio 54’, du nom de la célèbre boîte de nuit new-yorkaise, avec des costumes des années 1970 et des artistes embauchés pour l’occasion. Sous les yeux de M. Thiam, un danseur Noir déguisé en concierge est monté sur scène et s’est mis à balayer le sol en musique. M. Thiam s’est excusé et a quitté la pièce. Sa partenaire et un autre couple à sa table, dont le directeur général du groupe pharmaceutique britannique GSK, l’ont suivi.

Lorsqu’ils sont revenus peu après, une autre surprise les attendait. Plusieurs amis de M. Rohner interprétaient leur propre numéro musical pour lequel ils s’étaient affublés de perruques afro. (M. Rohner a refusé de commenter ces événements, qui ont été relatés par trois invités.)

Pour M. Thiam, aujourd’hui âgé de 58 ans, cette fête était bien à l’image de multiples incidents douloureux qui ont marqué ses cinq années à la tête du Crédit Suisse. Il était le seul Noir à occuper les hautes sphères du secteur bancaire. Qu’ils soient proprement choquants ou simplement troublants, la plupart des incidents dérivaient de tensions liées au fait qu’il était Noir dans une industrie, et une ville, à prédominance blanche..

M. Thiam, grand polyglotte réservé à lunettes, a accompli la tâche pour laquelle il avait été embauché : après un long déclin, le Crédit Suisse est redevenu rentable. Mais il a été obligé de se battre sans cesse pour être accepté et respecté, aussi bien au sein de la banque que plus largement en Suisse. Lors d’une assemblée d’actionnaires, son origine et son expérience ont été dénigrées comme relevant du “tiers-monde”. Un de ses subordonnés a acheté la maison voisine de la sienne, plus haute et possédant une vue plongeante sur les fenêtres de M. Thiam. La presse de Zurich lui reprochait de ne pas avoir l’air assez suisse.

Tidjane Thiam à Zurich l’année dernière lors d’une interview. Ses relations avec la presse suisse étaient inconfortables; un journaliste écrivit qu’il était “célébré à l’étranger, mal-aimé en Suisse”.
Tidjane Thiam à Zurich l’année dernière lors d’une interview. Ses relations avec la presse suisse étaient inconfortables; un journaliste écrivit qu’il était “célébré à l’étranger, mal-aimé en Suisse”. Credit…Bloomberg

Le nombre de directeurs généraux Noirs au plus haut niveau du secteur bancaire est maintenant retombé à zéro. En février, le conseil d’administration du Crédit Suisse a forcé M. Thiam à démissionner en raison d’un embarrassant scandale d’espionnage qui a éclaté sous sa direction. Quand le numéro 2 de M. Thiam a avoué avoir ordonné à des enquêteurs d’espionner des employés, le directeur général s’est trouvé peu d’alliés, et aucun levier pour survivre dans l’entreprise.

Son éviction a attiré remarquablement peu d’attention en dehors de Zurich. Elle avait lieu plusieurs mois avant une prise de conscience mondiale de l’existence de biais systémiques, et à des milliers de kilomètres de Wall Street. Mais des entretiens avec onze proches collaborateurs de M. Thiam au Crédit Suisse, ainsi que cinq autres contacts proches — clients, amis, membres de sa famille et investisseurs — suggèrent que la couleur de sa peau a été un facteur omniprésent tout au long de son mandatqui a aussi contribué à créer les conditions d’un départ d’une rapidité stupéfiante.

Qu’il s’agisse de racisme, de xénophobie ou de toute autre forme d’intolérance, une chose est claire: en Suisse, M. Thiam n’a jamais cessé d’être perçu comme quelqu’un qui n’y avait pas sa place.

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Le Crédit Suisse a refusé de commenter pour cet article.

Après sa démission, M. Thiam a organisé une conférence de presse au siège de la banque. “A chaque seconde, j’ai fait du mieux que j’ai pu”, a-t-il déclaré. “Je suis qui je suis. Je ne peux pas changer qui je suis.”

“Reprocher à quelqu’un d’être qui il est, c’est l’essence de l’injustice”, a-t-il ajouté.

Tidjane Thiam est né en Côte d’Ivoire au sein d’une famille de l’élite politique dont un membre avait mené, avec succès, le pays vers l’indépendance vis-à-vis de la France en 1960, devenant son premier président. Un autre a été Premier ministre du Sénégal.

Benjamin d’une fratrie de sept enfants, M. Thiam a été élevé dans la religion musulmane. Sa mère, Marietou, ne savait pas écrire mais élevait ses enfants dans un esprit perfectionniste. “Être galant, respecter le personnel de maison à notre service — là-dessus, elle était impitoyable — ne pas mentir, être ponctuel, ne pas dire de gros mots, faire preuve de solidarité”, se rappelle Yamousso Thiam, la plus jeune des soeurs de M. Thiam, lors d’un entretien.

Leur père, Amadou, a été journaliste, ministre, et ambassadeur au Maroc. Quand M. Thiam était encore nourisson, Amadou fut incarcéré pendant trois ans pour complot contre le gouvernement ivoirien. Ces allégations ont été invalidées par la suite. Les enfants Thiam se souviendraient longtemps de cette injustice, ainsi que de la leçon apprise par leur père lorsqu’il a échappé à une tentative de coup d’Etat en 1971 avec une blessure par balle à la main. “Le plus important dans la vie”, plaisantait Amadou, “c’est de ne pas mourir”.

À six ans, comme M. Thiam ne montrait aucun intérêt pour l’école, l’un de ses frères demanda au président ivoirien d’intervenir. Celui-ci convoqua M. Thiam et ses parents pour vertement les réprimander. “Je m’en souviens comme si c’était hier”, raconte M. Thiam dans une interview de 2015. “Il y avait une sorte de tribunal de famille, où il y a eu une mise en accusation: ‘Il faut qu’il aille à l’école. L’époque des princes africains illettrés et des rois fainéants, c’est fini!’”.

M. Thiam excella rapidement, et en 1984, devint le premier Ivoirien diplômé de la prestigieuse École Polytechnique de Paris. Il obtint ensuite un diplôme d’ingénieur et une maîtrise en administration des affaires, travailla à la Banque mondiale, puis au bureau parisien de la société de conseil McKinsey.

En 1994, M. Thiam revint en Côte d’Ivoire et s’engagea dans le service public. Quelques années plus tard, il était promu ministre du Plan et du Développement — mais quand un coup d’état militaire renversa le président, il refusa un rôle au sein du nouveau gouvernement, et, craignant pour sa vie, retourna en Europe et vers le secteur privé..

Il dirigea ensuite les opérations européennes de l’assureur britannique Aviva et, en 2009, fut nommé directeur général des services financiers de la firme britannique Prudential — la première personne Noire à diriger l’une des 100 plus grandes sociétés de la Bourse de Londres. Sous son mandat, les bénéfices de Prudential doublèrent et le cours de l’action tripla. Un présentateur de la BBC décrivit M. Thiam comme étant “monté en flèche au sein d’institutions de haut vol grâce à un cocktail enivrant d’intelligence cristalline, d’ambition pétillante et d’une bonne dose de charme”.

M. Rohner, président du Crédit Suisse, avait évoqué avec M. Thiam la possibilité qu’il dirige la banque en 2014. M. Thiam était sceptique, déclara-t-il plus tard: c’était un rôle intimidant, et il n’était pas sûr que la banque veuille sérieusement l’embaucher. (Plus tôt dans sa carrière, il avait dit à un chasseur de têtes qu’il ne se déplacerait pour un entretien d’embauche  si l’employeur ne savait pas qu’il était “Noir, africain, francophone et qu’il mesurait 1,93m”.) Il insista pour avoir de longues discussions avec M. Rohmer avant d’accepter le poste.

“Le président me dit qu’on a eu 19 entretiens”, M. Thiam avait dit à Euromoney. “J’ai d’ailleurs dit non deux fois.”

A l’époque, le Crédit Suisse connaissait un profond marasme. Plusieurs années après la crise financière, la banque était encore fortement tributaire de stratégies boursières coûteuses, et son département de gestion de fortune était à la traîne de son grand rival à Zurich, UBS. Le cours des actions stagnait et les investisseurs s’impatientaient. À l’annonce de l’embauche de M. Thiam, en mars 2015, les actions de Crédit Suisse grimpèrent de 7%.

Son plan de restructuration comprenait des milliers de licenciements et la réduction du volume des ventes et des échanges. Beaucoup d’employés craignaient pour leur emploi. Mais c’est un cadre qu’il avait lui-même promu qui a fait vivre à M. Thiam l’une de ses premières expériences déconcertantes en Suisse.

Pour renforcer les activités de gestion de fortune privée du Credit Suisse, il avait fait appel à Iqbal Khan, 39 ans, né au Pakistan mais arrivé en Suisse à l’enfance. Un jour, fin 2015, les deux hommes discutaient de stratégie, selon des personnes au fait de l’incident, quand M. Khan annonça qu’il avait acheté la maison voisine de celle de M. Thiam, à Herrliberg, une banlieue cossue avec vue sur le lac de Zurich. M. Thiam demanda à M. Khan s’il était sérieux. M. Khan répondit que oui.

Plus tard, M. Thiam expliqua à des amis et à des collègues que la nouvelle le perturbait. Farouchement discret, il était en pleine procédure de divorce, et se méfiait qu’un subordonné ait une vue plongeante sur sa propriété. En tant que PDG, il n’appréciait pas d’être littéralement vu de haut.

M.Thia prenant part au cortège marquant l’avènement du printemps à Zurich, en avril 2016.
M.Thiam prenant part au cortège marquant l’avènement du printemps à Zurich, en avril 2016. Credit…Arnd Wiegmann/Reuters

M. Thiam s’efforçait d’embrasser la société de Zurich. Il a rendu visite à des chefs d’entreprise suisses, participé à des tables rondes organisées par la presse suisse, et a pris part à un festival de printemps en tenue traditionnelle suisse : un chapeau de style napoléonien et une cape bleue marine assortie. Mais très vite, on s’irrita de certains des aspects de son mode de vie. Le Crédit Suisse faisant montre de réduction de coûts, la presse suisse se mit à détailler les vols en première classe et les séjours en suite présidentielle de M. Thiam. Une chronique l’accusa de prendre l’hélicoptère pour se rendre à des évènements et de voyager avec un entourage, le surnommant “le Roi Thiam”.

Dans un pays quasi synonyme de richesse — patrie du compte bancaire suisse et de la montre-bracelet à six chiffres — un tel anti-élitisme est difficile à comprendre. Les expatriés qui y travaillent depuis longtemps disent que les Suisses ont une forte aversion pour l’étalage public de richesse et voient ceux qui s’y livrent comme des étrangers. Un milliardaire étranger, qui ne souhaite pas être nommé, dit avoir banni toute voiture de luxe de sa flotte d’entreprise.

D’autres ont été plus directs pour qualifier M. Thiam de pièce rapportée. Lors de l’assemblée annuelle des investisseurs du Crédit Suisse en 2016, Ingeborg Ginsberg, actionnaire de 94 ans et survivante de l’Holocauste, avait mis en cause l’origine de M. Thiam.

“La banque s’appelle Suisse — Crédit Suisse”, a-t-elle déclaré, en allemand. Et citant Brady Dougan, le prédécesseur américain de M. Thiam, elle a ajouté : “Je lui ai demandé l’année dernière s’il n’avait pas un conflit d’intérêt. Je pose la même question à M. Thiam, s’il peut me comprendre : N’a-t-il pas un conflit d’intérêt? Je l’ai entendu parler du tiers-monde — est-ce vraiment ça que nous voulons? Qu’une bonne et solide banque suisse se rabaisse au niveau du tiers-monde ?”

M. Thiam et M. Rohner, assis côte à côte sur l’estrade, étaient clairement choqués.

M. Rohner a interrompu l’actionnaire. “Vous ne devriez pas faire de telles accusations, sans déclaration, dans cette salle”, a-t-il dit. “Nous ne choisissons pas toujours des étrangers, nous choisissons toujours le meilleur homme pour ce poste, et cet homme, nous l’avons trouvé.”

Credit Suisse, qui stagnait quand Mr. Thiam fut nommé directeur général a renoué avec les profits sous sa houlette.
Credit Suisse, qui stagnait quand Mr. Thiam fut nommé directeur général a renoué avec les profits sous sa houlette. Credit…Bloomberg

En 2018, les affaires du Crédit Suisse s’étaient considérablement améliorées. La banque était de nouveau solidement rentable, et la division de la gestion de fortune surpassait UBS dans certains domaines. M. Thiam avait résolu des problèmes juridiques qui précédaient son mandat, réglant une importante affaire de justice américaine pour un montant inférieur à ce que le Crédit Suisse avait prévu. Euromoney l’a nommé banquier de l’année.

M. Thiam était désormais bien connu à Zurich. Des passants sur la Bahnhofstrasse, la rue commerçante de la ville, lui serraient parfois la main, ou lui demandaient de poser pour des selfies. L’attention qu’on lui portait paraissait souvent anodine, mais ses collaborateurs de l’époque disent que cette exposition constante l’épuisait.

Dans une ville comme Zurich, de 400 000 habitants et à prédominance blanche, sa position de pouvoir et sa couleur de peau le faisaient détonner. M. Thiam avait renoncé à prendre sa Porsche Cayenne pour se rendre à son bureau de peur que la moindre altercation avec un autre automobiliste, même pour une place de parking, ne déclenche un incident médiatique. Dans le tramway, ses fils adultes étaient souvent les seuls passagers Noirs — et les premiers à être contrôlés. Leur simple arrivée dans une boîte de nuit locale pouvait alimenter les ragots. M. Thiam se sentait observé au microscope ; quand sa soeur a voulu lui faire une visite surprise, un employé d’hôtel trop zélé, voyant sa réservation, en a fait part au secrétariat de M. Thiam. La surprise était gâchée.

À un autre moment, lors d’un voyage d’affaires de Zurich à Genève, un employé des douanes l’a retenu en exigeant de voir son passeport, malgré les protestations de M. Thiam que ce voyage se faisait en Suisse. Il a fini par montrer le document en question et on lui a permis de quitter l’aéroport, mais il a demandé à un employé de déposer une plainte officielle dénonçant l’incident. (Chacun de ces incidents a été corroborré par plusieurs personnes.)

Les choses commençaient également à se gâter au Crédit Suisse. Le bilan de la banque s’améliorait mais les actions baissaient, pénalisées par des émissions que M Thiam jugeait nécessaires pour renforcer les réserves en capital. Il confiait à des associés se sentir sous-estimé par le conseil d’administration, dont certains membres lui reprochaient le manque de croissance du Crédit Suisse en Chine.

En août 2018, une publication financière locale écrivait que M. Thiam était “célébré à l’étranger, mal-aimé en Suisse” et ajoutait : “Enclin à un comportement impérieux et susceptible face à la critique, Thiam a perdu sa maîtrise du sens suisse de la proportionnalité.” Des articles de presse attiraient souvent des commentaires méprisants. Le lecteur d’un blog de Zurich particulièrement critique le traita de “marchand de fruits”, et ajoutait “Rentre chez toi, imbécile!”. Un autre écrivait: “J’espère qu’il envoie son argent chez lui. On pourra classer ça dans la catégorie de l’aide au développement.”

M. Thiam disait souvent qu’avec son histoire familliale d’accrochages avec les autorités et d’insurrections militaires, la mauvaise presse et les drames d’entreprises ne l’affectaient pas. Mais à mesure que l’année passait, M. Thiam confiait à ses associés sa crainte que le conseil d’administration ne veuille plus de lui. Leur message tacite, d’après lui, était : Vous avez fait le ménage. Maintenant, partez. C’est le schéma connu du « glass cliff »  (la “falaise de verre”) : une tendance qu’ont les institutions à ne placer des femmes et des minorités aux postes dirigeants qu’en temps de grande difficulté, pour ensuite les écarter..

Iqbal Khan acheta la maison voisine de celle de M. Thiam.
Iqbal Khan acheta la maison voisine de celle de M. Thiam.Credit…Arnd Wiegmann/Reuters

M. Thiam était plus près du précipice qu’il ne l’imaginait. Début 2019, il avait organisé une soirée à son domicile. M. Khan était devenu son voisin et M. Thiam avait planté des arbres pour obstruer la vue. Pendant la fête, M. Khan a eu une vive discussion avec la compagne de M. Thiam au sujet de cet aménagement, qui l’a contrariée. Les deux hommes sont descendus à l’étage inférieur pour en parler en privé. M. Khan a rapidement quitté les lieux.

Aucun des deux dirigeants ne révélera ce qui s’est précisément passé. Mais plus tard cette année-là , M.Khan a provoqué un séisme à Zurich en passant chez UBS. La gestion de fortune avait été ce que M. Thiam avait réussi le mieux, et maintenant son directeur vedette partait chez son plus grand concurrent.

Au mois de septembre, M. Khan et son épouse se rendaient à un restaurant de Zurich pour le déjeuner quand ils ont remarqué qu’ils étaient suivis. M Khan s’est garé et a confronté l’homme en question: c’était un détective de la société suisse Investigo. Une dispute s’en est suivie, au cours de laquelle, depuis, les deux hommes s’accusent mutuellement d’agression physique. M. Khan a déposé plainte. Le Crédit Suisse et le canton ont tous les deux déclenché des enquêtes.

Le “Spygate”, comme les médias suisses l’ont nommé, a fait sensation. Au Crédit Suisse, le directeur des opérations, Pierre-Olivier Bouée, a avoué avoir commandé cette filature parce qu’il soupçonnait M Khan de vouloir débaucher des employés. Il a démissionné. M. Thiam nie toute connaissance de cet espionnage et a été blanchi. Mais M. Bouée n’était pas un simple numéro 2 : il avait suivi M. Thiam de Prudential à la banque suisse. Par association, le nom du directeur exécutif s’est retrouvé profondément terni.

L’incident provoqua une débâcle pour le Crédit Suisse, une institution source de fierté nationale. Un contractuel qui avait participé à l’embauche d’Investigo s’est suicidé. M. Rohner a été contraint de présenter des excuses publiques aux Khans et au public suisse.

D’autres accusations émergèrent rapidement, notamment qu’on avait également suivi le chef des ressources humaines du Crédit Suisse. En décembre, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers — connue sous le nom de FINMA — a ouvert une enquête sur le recours par le Crédit Suisse à des enquêteurs pour surveiller ses employés.

 

Les répercussions du scandale se sont propagées avec une vitesse remarquable. Le 31 janvier 2020, Bloomberg révélait que M. Rohner cherchait un nouveau directeur exécutif.

Trois actionnaires importants — deux Américains, un Britannique — ont pris publiquement la défense de M. Thiam. David Herro, un dirigeant de Harris Associates, un fonds basé à Chicago, estimait que l’opposition affichée à M. Thiam avait un motif racial. Sur la chaîne de télévision Bloomberg, M. Herro atribuait le conflit à “la jalousie de ses adversaires — ou peut-être à autre chose puisque M. Thiam a l’air assez différent du banquier suisse typique. Que ce soit l’une ou l’autre de ces raisons, je les trouve extrêmement désagréables”.

Mais M. Thiam avait trop peu de partisans de son côté. Il a démissionné le 7 février. Un membre suisse de son équipe a été nommée pour lui succéder.

En tant que directeur exécutif, M. Thiam était tenu responsable de tout au Crédit Suisse, et l’activité de surveillance fut ressentie par tous comme abjecte. Mais la question se pose : un PDG d’une origine différente n’aurait-il pas survécu? D’autres dirigeants de banques ont esquivé des scandales bien plus graves.

En 2012, Jamie Dimon, le directeur exécutif de JPMorgan Chase, n’a pas pu maîtriser un trader surnommé “la baleine de Londres”, qui a fait perdre à la banque plus de six milliards de dollars et lui a attiré plus d’un milliard de dollars d’amendes. Tout récemment, dans une autre affaire, la banque s’est acquitté de près d’un milliard de dollars d’amendes pour avoir manipulé illégalement les cours sur les marchés des métaux précieux et des bons du Trésor. M. Dimon demeure le PDG avec la plus grande longévité à Wall Street.

Certains autre directeurs généraux ont survécu à des scandales comparables, voir plus graves. James E. Staley, à la tête de Barclays, avait tenté de démasquer un lanceur d’alerte et était proche du financier disgracié Jeffrey Epstein.
Certains autre directeurs généraux ont survécu à des scandales comparables, voir plus graves. James E. Staley, à la tête de Barclays, avait tenté de démasquer un lanceur d’alerte et était proche du financier disgracié Jeffrey Epstein.Credit…Evan Agostini/Invision

En 2016, dans une affaire étonnamment similiaire à celle du Crédit Suisse, le directeur exécutif de Barclays a tenté de démasquer un lanceur d’alerte, demandant même à une équipe de sécurité interne d’intervenir. Les régulateurs britanniques ont condamné le PDG, James E. Staley, à une amende, sans plus de cérémonie. Par ailleurs, en 2019, on révéla que M. Staley avait des liens avec Jeffrey Epstein, l’homme d’affaires accusé de trafic sexuel de mineures. Il avait même rendu visite à M. Epstein pendant son incarcération. M. Staley est toujours à la tête de Barclays..

 

Avant son départ du Crédit Suisse, M. Thiam a pu présenter à la presse ses derniers bilans financiers. Vers la fin de la session de questions-réponses, un journaliste local a pris la parole.

“La stratégie était bonne”, a-t-il commencé par affirmer, mais le style “ne parlait pas à la mentalité suisse. Voici ma question : Est-ce que ça aurait été différent en Angleterre ou dans un autre ”

“Je suis qui je suis”, a interrompu M. Thiam. “De la même manière que je suis né avec une main droite, je ne peux pas changer le fait que je suis droitier. Si les gens n’aiment pas les droitiers, alors c’est un problème. C’est tout ce que je peux dire, parce que je ne peux pas devenir gaucher.”

Des collègues assis près de lui jurent avoir vu les yeux de M. Thiam briller.

Mr. Thiam lors de sa dernière conférence de presse au Crédit Suisse.
Mr. Thiam lors de sa dernière conférence de presse au Crédit Suisse. Credit…Fabrice Coffrini/Agence France-Presse

M. Thiam est resté à Zurich, dans l’attente d’une entretien formel avec la Finma. C’était une période angoissante, disent de proches associés, car il voulait partir d’urgence au chevet de son fils Bilal, qui était hospitalisé à Los Angeles pour un cancer. Il y parvint fin avril. Bilal est mort début mai, à l’âge de 24 ans.

Depuis, M. Thiam exerce comme consultant sur la lutte contre l’épidémie de coronavirus en Afrique, où il est envoyé spécial du Fond d’intervention Covid-19 de l’Union africaine. Il s’est réengagé en politique en Côte d’Ivoire. En août, M. Thiam a alimenté des rumeurs sur une candidature présidentielle dans un message vidéo commémorant les 60 ans de l’indépendance du pays. Un message dans lequel il appelait les Ivoiriens à embrasser un esprit “réconcilié et fraternel”.

Le 2 septembre, après avoir conclu que les filatures du Crédit Suisse violaient potentiellement “le droit de la surveillance” suisse, la Finma a annoncé que l’enquête passait du stade d’investigation à celui d’exécution. L’enquête allait se concentrer sur la banque elle-même, et non sur des individus, selon un porte-parole.

Pour la soeur de M. Thiam, Yamousso, une question subsiste toujours au sujet des Suisses.“Je serais curieuse de savoir”, dit-elle, “si aujourd’hui ils auraient l’honnêteté d’enfin reconnaître que voir un « nègre » à la tête de l’une de leur plus prestigieuse entreprise leur a été insupportable.”

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Didier Drogba présente son programme « Renaissance » pour ravir la FIF

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Didier Drogba à sa conférence de presse
Didier Drogba lors de la Conférence de presse, Crédit photo : AFP

Didier Drogba, légende du football ivoirien et candidat pour être le futur locataire de la Maison de verres, autre nom du siège de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), a présenté à la presse Renaissance. Son programme de « bonne gouvernance », mettant au centre des priorités, le développement des clubs et des autres acteurs de l’industrie du football ivoirien.

Didier Drogba, candidat à la présidence de la fédération ivoirienne de football a présenté, lundi 18 avril, son programme Renaissance. Cette présentation tenue à Abidjan, au cours d’une conférence de presse, a rassemblé la presse nationale et internationale.

04 axes clés pour faire renaître le football ivoirien…

C’est un programme axé sur quatre piliers stratégiques que le candidat a présenté au public venu l’écouter. En effet ces piliers sont, les acteurs, les infrastructures, le cadre réglementaire et la formation.

S’exprimant en premier lieu sur les acteurs, Didier Drogba a indiqué son intention de revoir, dès son élection, leur statut. De façon précise, cela passera à veiller à accorder aux présidents de club, joueurs, entraineurs, médecins et arbitres, l’accompagnement nécessaire afin de les aider à, non seulement s’épanouir davantage durant leur carrière, mais aussi préparer leur reconversion.

Pour les infrastructures, l’homme entend mener une politique de rénovation des stades existants et en développer de nouveaux. Et cela dans l’optique d’attirer les sponsors. Toujours pour les infrastructures, Didier Drogba trouve nécessaire de les décentraliser. « Il faut ramener les clubs concentrés à Abidjan dans leur région en y créant des stades. Et cela va permettre de recréer un engouement sur toute l’étendue du territoire », a-t-il affirmé.

Dans cette même veine, le candidat à la FIF juge indispensable d’adapter le cadre réglementaire aux réalités locale. Ainsi de profondes réformes sont envisagées. À l’en croire, celles-ci concerneront principalement les salaires pratiqués dans le milieu et le financement des clubs.

Le quatrième et dernier pilier de ce programme table sur la formation. Selon ce qui a été présenté, c’est une armada, comprenant des partenaires à l’étranger, qui sera déployées avec pour objectif de mettre à niveau toues les parties prenantes de l’industrie du football ivoirien. Même la presse sportive ne sera pas en reste, a annoncé Didier Drogba qui projette l’outiller convenablement.

Lire aussi :Fédération Ivoirienne de Football/Élection: « Didier Drogba est le meilleur choix » selon Gnagne Sila

Aux clubs, des promesses fortes et des réformes chocs

Didier Drogba durant la conférence

Didier Drogba lors de la conférence de presse de présentation

À côté de ces 4 piliers qui constituent l’ossature de son programme, Didier Drogba, a annoncé des mesures qu’il prendra. « Tout programme engage une promesse. Et donc je fais la promesse de poser des actions fortes à l’endroit des clubs et des acteurs ».

Pour ce qui concerne les clubs, les résolutions annoncées s’articulent autour de 5 points clés. Le premier point touche le relèvement des subventions accordées aux club. Et là-dessus, Didier Drobga compte passer du simple au double que ce qui se fait actuellement. Ainsi les clubs de première, deuxième et troisième division passeront, respectivement, de 75 à 150 millions, 20 à 50 millions, et de 15 à 30 millions. Des montants exprimés bien sûr en franc CFA (F CFA). Il est attendu de cette subvention qu’elle permette aux clubs d’être autonome et de fonctionner correctement. Qui plus est, chaque club recevra en dotation un car de transport. Le candidat a expliqué cette dotation en disant : « Nous devons être cohérent envers nous-mêmes. En effet nous voulons créer de la ferveur dans tout le pays. Alors il faut donner les moyens aux clubs de se déplacer sur tout le territoire ».

D’autres changements sont prévus. Entre autres le passage de 16 à 18 clubs en ligue 1, ou comme l’instauration de play-off pour les divisions inférieures. On peut également citer la coopération régionale et internationale ainsi que la mise en place d’espace de travail collaboratif. Et comme ciment de toute cette nouvelle architecture, les clubs seront assignés à un nouveau cahier des charges.

Les acteurs pas en reste

Cela dit, cette Renaissance, telle envisagée par l’équipe Drogba ne s’arrête pas qu’aux clubs. En effet, les acteurs étant tout autant concernés. Ainsi il est prévu pour leur développement, pendant leur carrière, et leur préparation à l’après-carrière, de nombreux dispositifs de formation. À cet effet une ou plusieurs plateformes seront mises à disposition. Le candidat Didier Drogba compte également faire de l’inclusion un pan centrale de sa gouvernance. À cet effet, son programme promet donner un second souffle au championnat féminin. Toujours à l’égard des acteurs, la liste renaissance a en ligne de mire plusieurs autres projets sociaux. Logement, assurance-maladie, investissement, etc.

En clôture, Didier Drogba a réaffirmé sa « détermination à accompagner le football ivoirien vers une nouvelle heure de gloire ». Aussi a-t-il invité le corps des médias à se faire chantre du Programme Renaissance qui veut aligner le football à la hauteur des ambitions de développement de la Côte d’Ivoire. D’où le fait qu’il placera au cœur de sa gouvernance les valeurs de travail, de bienveillance et de courage.

À la fin de la présentation de son programme, le candidat Didier Drogba s’est prêté aux questions des journalistes. Une autre occasion pour lui de lever les derniers doutes subsistant dans la capacité de son programme à apporter le renouveau tant espéré au football ivoirien. Rendez-vous est pris au soir du samedi 23 avril pour savoir le verdict des urnes.

                                                                                                                                                                         Frère John

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Ukraine : Alassane Ouattara lâché à l’ONU par ses fidèles compagnons

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Alassane Dramane Ouattara, président ivoirien

Le mercredi 02 mars 2022, l’Assemblée Générale de l’ONU se prononçait sur le conflit armé opposant russes et ukrainiens depuis le 24 février 2022.

Après l’échec du conseil de sécurité des nations unies à adopter une résolution de condamnation de la Russie, cette assemblée générale a finalement adopté symboliquement une résolution « exigeant que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine. »

Avant cette rencontre au sommet, Alassane Ouattara s’est autosaisi du leadership de promotion du soutien africain au pays occidentaux engagés ouvertement contre la Russie dans cette guerre. Il a donc appelé les présidents africains à « soutenir massivement l’Union Européenne à cette Assemblée Générale de l’ONU.

Mal lui en a pris, car ceux qui allaient le trahir, étaient plus proches qu’il ne le pensait. En effet, dans  »abstention remarquée’‘ affichée par les États africains, comme le constate TV5 monde, figure certains pays dont les présidents peuvent êtres présentés comme de fidèles compagnons d’Alassane Ouattara, dans le zèle de la défense de l’influence française en Afrique. Il s’agit du Sénégal, du Congo-Brazzaville, du Togo, mais aussi du Maroc, dont le président ivoirien se vante d’avoir des relations privilégiées  avec le roi . le Sénégal et le Congo-Brazzaville ont voté l’abstention, alors que le Maroc et le Togo n’ont pas daigné participé au vote, en disparaissant de la salle.

Au total sur les 193 membres de l’Organisation, 141 pays ont approuvé le texte.

35 pays se sont abstenus, dont 16 pays africains: l’Algérie, l’Angola, le Burundi, le Congo- Brazzaville, la Guinée équatoriale, Madagascar, le Mali, le Mozambique, la Namibie, le Soudan, le Soudan du Sud, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda et le Zimbabwe.

Cinq s’y sont opposés : la Russie, la Biélorussie, la Corée du Nord la Syrie et un pays africain, l’Érythrée.

12 pays n’ont cependant pas pris part au vote dont 8 africains : le Burkina Faso, la Guinée, la Guinée-Bissau, Eswatini, l’Éthiopie, le Cameroun, le Maroc et le Togo.

 

Herve Christ, pour Leadernews

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Côte d’Ivoire: Tours jumelles Riviera Golf, espoir dans le projet de réalisation

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Mme N’Dia Salimata, Directrice Générale de Twins Immobilier, avec le ministre Bruno Kone à la fin de l'audience

Le mardi 22 février 2022, le Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Bruno Nabagné Koné a accordé une audience à la Directrice Générale de Twins Immobilier.

Ceci, dans le cadre du règlement du contentieux relatif au projet de construction des Tours Jumelles de la Riviera Golf.

Mme N’Dia Salimata, Directrice Générale de Twins Immobilier, se réjouit de cette rencontre et de l’implication personnelle du Ministre Bruno Nabagné Koné et de son département ministériel en vue de trouver un dénouement pacifique à cette situation.
En effet, en prêtant une oreille attentive à cette situation, le Ministre assure de sa volonté d’un règlement à l’amiable qui suscite de l’espoir quant à la réalisation effective dudit projet, de commun accord avec les parties prenantes.

Le Ministre a bien reconnu au cours de cette audience la propriété de la SICOGI comme réserve foncière (donc le terrain acquis n’est nullement un espace vert), ainsi que la régularité de la vente intervenue au profit de Twins Immobilier.

Pour rappel, le projet des 2 Tours Jumelles est un projet futuriste, écologique et novateur dont la réalisation permettra de changer le visage de la Riviera zone 1 ouest.

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