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Elections 2020: la diaspora ivoirienne en Suisse s’adresse à Alassane Ouattara

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Berne, 15 février 2020: Les représentants de LIDER, du COJEP, du FIDHOP, du GPS, et de la société civile ivoirienne

 

Le Samedi 15 février 2020, à l’instar de la prière de la paix à la cathédrale St Paul d’Abidjan, et du sit-in au Trocadero à Paris, la coalition des partis politiques d’oppositions et de la société civile ivoirienne en Suisse, s’est retrouvée à Berne, la capitale fédérale helvétique, pour adresser un message au président Alassane Ouattara, afin qu’il engage, urgemment et sans delais, l’identifification et l’enrôlement sur la liste électorale, pour garantir des élections inclusives, libres et transparentes en otobre 2020 en Côte d’Ivoire.


À

Son Excellence

Monsieur Alassane Ouattara

Président de la République de Côte d’Ivoire

Abidjan – Plateau, RCI

Berne, le 15 février 2020

Objet : Election présidentielle d’octobre 2020

 En octobre 2020, les ivoiriennes et les ivoiriens éliront leur nouveau Président de République. À huit (8) mois de cette échéance cruciale pour l’avenir du pays, mais aussi pour sa stabilité et le début de la réconciliation entre ses fils et ses filles, ils nous échoient malheureusement de constater que le mécanisme, devant garantir à cette élection sa crédibilité, son inclusivité et la fidélité de ses résultats à l’expression souveraine du peuple manifestée, est en souffrance, malade de votre volonté évidente de prendre en otage ce processus par le viol du droit fondamental des populations ivoiriennes à exercer leur souveraineté universellement et constitutionnellement acquise : LE VOTE.

Des constats :

En effet, à la veille de l’élection présidentielle d’octobre 2020 :

  • La Commission Electorale Indépendante (CEI), telle que voulue par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, en son arrêt du 18 novembre 2016, confirmé le 28 septembre 2017, n’est pas encore mise en place. Votre volonté d’être joueur et arbitre dans le processus électoral, par un contrôle total de cette institution, la confine encore dans des négociations interminables, qui, de surcroît, portent sur des thèmes en conflit flagrant avec les prescriptions de la cour africaine de justice.
  • Les 6 millions 300 milles électeurs inscrits sur la liste électorale en 2016 ont vu leur carte nationale d’Identité périmées en 2019, et 6 millions 500 milles nouveaux majeurs ivoiriens n’ont toujours pas de pièces d’Identité. Le processus de renouvellement des 6 millions 300 milles cartes périmées en est encore à sa phase pilote, avec un coût dissuasif à double vitesse. En effet, annoncé à 5 000 FCFA, ce coût passe à 10 000 FCFA, du fait du racket des agents de l’ONECI dans leurs locaux. Quant à la question des nouveaux majeurs, deviner le calendrier de l’établissement de leur Carte Nationale d’Identité relève d’un véritable jeu mystique de charlatanisme ; idem pour le calendrier du début de l’enrôlement sur les listes électorales.
  • Le harcèlement contre les opposants et potentiels et/ou candidats déclarés à l’élection présidentielle, mais aussi contre la société civile, a atteint son paroxysme décembre 2019. Nous en voulons pour preuve :
  • La condamnation par contumace en Côte d’Ivoire du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé, président du COJEP, à 20 ans de prison à la suite de procès expéditifs, à rendre jaloux, les tribunaux chiliens sous la dictature Augusto Pinochet.
  • Le mandat d’arrêt international lancé contre Guillaume Soro, député, ex-président de l’Assemblée National et candidat déclaré à la présidentielle, avec un mépris total et déconcertant vis-à-vis de son immunité parlementaire
  • L’emprisonnement de plusieurs députés proches de Guillaume Soro, sans procès et sans considération de leur immunité parlementaire, pourtant constitutionnellement acquis.
  • L’expulsion de la Côte d’Ivoire de Nathalie Yamb, conseillère exécutive du Professeur Mamadou Koulibaly, candidat à l’élection présidentielle, pour des motifs fallacieux, avec une procédure judiciaire lapidaire et sans assistance juridique ;
  • Le harcèlement policier contre les cadres de LIDER (Liberté et Démocratie pour la République), parti politique de Mamadou Koulibaly ;
  • Le musèlement de la société civile, par l’instrumentalisation de la haine religieuse qui a contraint récemment le clergé catholique a renoncé à l’organisation une procession liturgique ä Abidjan pour des élections apaisées en Côte d’Ivoire.
  • Vous avez annoncé votre volonté de modification de la constitution, notamment de ses articles relatifs aux conditions d’éligibilité ; cela à quelques mois de l’échéance électorale

Fort de ces constats, et :

  • Considérant que l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples dit que : « l’Etat de Côte d’Ivoire a violé son obligation de créer un organe électoral indépendant et impartial, prévu par I ‘article 17 de la Charte africaine sur la démocratie et I ‘article 3 du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et qu’il a également, par voie de conséquence, violé son obligation de protéger le droit des citoyens de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays, garanti par I ‘article 13 (1) et (2) de la Charte africaine des droits de I ‘homme et des peuples. Et qu’il a aussi violé son obligation de protéger le droit à une égale protection de la loi, garanti par I ‘article 10(3) de la Charte africaine sur la démocratie, I ‘article 3 (2) de la Charte africaine des droits de I ‘homme et des peuples et I ‘article 26 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques ». Et que plus loin, cet arrêt « ordonne à I ‘Etat ivoirien de modifier la loi N° 2014-335 du 18 juin 2014 relative à la Commission Electorale Indépendante pour la rendre conforme aux instruments ci-dessus mentionnes auxquels il est partie » ;
  • Considérant les appels pressants de la société civile ivoirienne, dans sa globalité, à la classe politique pour la mise en place d’une CEI débarrassée de joueurs que sont les partis politiques, aux fins de garantir son impartialité et minimiser les risques de sa manipulation par les politiques ;
  • Considérant qu’au mépris de l’article 6 du code électoral ivoirien, la liste électorale n’est jamais mise à jour annuellement, comme stipulé dans cet article ;
  • Constatant que ce serait faire injure à l’histoire récente de notre pays, mais aussi à l’opinion nationale et internationale, que vous, le démocrate argué, installé à coups des bombes de la France, après l’assassinat par celui-ci, de ses propres soldats et de plusieurs civils ivoiriens aux mains nus, soyez aujourd’hui celui-là même qui soit allergique aux respects des règles élémentaires de la démocratie et des conventions internationales sur les droits de l’homme, que vos alliés d’hier, la communauté internationale, revendiquent fermement défendre.
  • Considérant le recul démocratique, que vous institutionnalisez, indigne des longues années de crise que la Côte d’Ivoire a connu avec son lot de martyrs, depuis le charnier de Yopougon, jusqu’au génocide du peuple Wê, en passant par les morts de novembre 2004 et ceux de l’entre-crise postélectorale de 2011 ;
  • Considérant que la précarité dans laquelle vivent les ivoiriens, à savoir, la sous-alimentation, le chômage, la sous-éducation, l’absence d’accès aux soins sanitaires, la misère, ne permet pas à la Côte d’Ivoire de s’accommoder d’une autre crise électorale, synonyme de désespoir et d’émigrations encore plus massives ;
  • Considérant la fragilité du tissu social ivoirien, marquée par la division des populations, les mutineries, les conflits intercommunautaires ; résultat somme toute de l’échec et/ou du sabotage du processus de réconciliation nationale que vous avez savamment orchestré ;
  • Considérant que seul un processus électoral, transparent, inclusif aboutira à des résultats d’élections acceptés par tous, et partant, établira la confiance des ivoiriens en leur institutions ;
  • Considérant enfin que la souveraineté appartient au peuple, et que la seule manifestation valable de cette souveraineté reste le vote ;

La coalition des partis politiques d’opposition de Côte d’Ivoire et de la Société civile Ivoirienne en Suisse, vous invite urgemment et sans délai, Excellence monsieur le président :

  • À œuvrer à la mise en place d’une CEI exclusivement composée de membre de la société civile et débarrassée des partis politiques ;
  • À rendre à la CEI, son indépendance totale vis-à-vis du pouvoir exécutif que vous représentez ;
  • À proroger la validité, jusqu’en décembre 2020 et au-delà si nécessaire, des cartes d’identités : périmées des 6 millions 300 électeurs, en vue de faciliter la mise à jour de leur statut d’électeurs ;
  • Â entamer sans délais et concomitamment, l’enrôlement sur la liste électorale et l’identification des 6 millions 500 mille nouveaux majeurs, pour la délivrance de leur pièce d’identité ;
  • À œuvrer activement au retour en Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, mais aussi de tous les exilés ;
  • À surseoir au mandat d’arrêt poussif et abusif lancé contre Soro Guillaume ;
  • À libérer tous les députés emprisonnés ainsi que tous les prisonniers politiques ;
  • À entretenir, en cette année électorale, un environnement social et politique de liberté d’expression et de justice afin qu’elle soit une année de célébration de la démocratie et de la paix retrouvée.

Pour la coalition des partis politiques d’opposition de Côte d’Ivoire

et de la Société civile Ivoirienne en Suisse

Les Co-signataires: Haumar Sory (LIDER), Jean-Claude Gnahoua (COJEP), Saratha Toure (GPS), Germain Akessé (FIDHOP), Gerard Guédé (DEPA)

Ampliations :

  • Conseil Fédéral Suisse, Conseil National Suisse
  • L’ambassade de France en Suisse
  • La Commission des droits de l’homme de l’ONU
  • Amnesty International
  • Human Right Watch

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Citoyenneté

Lutte contre le COVID-19: Nathalie Yamb propose…

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Nathalie Yamb est militante LIDER et conseillère exécutive du Professeur Mamadou Koulibaly, candidat aux prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire.

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Le fils du premier ministre ivoirien Ibrahima Gon Coulibaly serait testé positif au Covid-19

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Ibrahima Gon Coulibaly, fils du premier ministre Amadou Gon Coulibaly

 

Le 17 mars 2020, alors que la pandémie du Coronavirus ne touche pas encore totalement la Côte d’ivoire (6 cas, aucun décès), les Ivoiriens assistent ahuris au confinement raté de l’INJS qui sera la porte ouverte vers la propagation du virus.

 

Très rapidement, plusieurs personnalités du pays seront indexées. Notamment le footballeur Max Alain Gradel, Traoré Salif dit Asalfo pour le compte de son épouse et Adama Bictogo pour ses enfants. Ces derniers vont s’excuser publiquement. Max Alain Gradel retournera même à l’INJS achever son confinement pour faire amende honorable. Ces individus avaient en effet bénéficié de passe-droits pour ne pas se soumettre à la mesure prise par le gouvernement. La ministre Anne OULOTO dans un excès d’honnêteté qu’on ne lui soupçonnait pas nous informera que les passe-droits ont été le fait du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly.

 

Mais ce que les Ivoiriens ne savent pas, c’est que sur ce même vol se trouvait « Petit Papa », le fils de notre cher premier ministre et candidat déclaré du RDR à la présidentielle de 2020.  De Korhogo en passant par Abidjan et Paris, l’addiction de ce rejeton aux drogues dures est un secret de polichinelle. Bien connu de la pègre, c’est le mouton noir de la famille. Dès la descente de l’avion, sans se soumettre à aucun test, il est récupéré par les services de son père et conduit auprès de celui-ci.

 

Le 23 mars 2020, un communiqué laconique de la primature nous informe que : « Le Premier ministre a été récemment en contact avec une personne qui vient d’être déclarée positive au Covid-19. En conséquence, et conformément aux mesures en vigueur, il a décidé de se mettre en auto-confinement ». Vous aurez donc deviné quelle est cette fameuse personne atteinte de coronavirus avec laquelle M. Gon a été en contact. Il s’agit simplement de son fils qui est présentement souffrant de ce virus. Prions que la qualité douteuse de ses poumons n’ai pas raison de lui. Qu’Allah le rétablisse !

 

Voici comment, juste pour le plaisir de revoir son fils, M. Amadou Gon s’est transformé en « ange de la mort » pour de nombreux Ivoiriens. Le plus immoral, c’est qu’après avoir fait contaminer de nombreux Ivoiriens, il en profite pour faire campagne en annonçant de grandes cérémonies de dons aux populations. Non M. Gon, le plus grand don que vous auriez pu faire aux Ivoiriens était de respecter scrupuleusement le confinement. Sur ce fameux vol du 17 mars, votre fils atteint du coronavirus a contaminé de nombreux Ivoiriens. Ceux-ci après la grogne de l’INJS sont rentrés chez eux distribuer le virus à leurs familles respectives.

 

Vous porterez sur votre conscience chaque mort du coronavirus dans notre pays et peu importe les dons que vous pourriez faire. Vous avez offert au peuple de notre pays ce à quoi ressemblera votre gouvernance. Ce qui m’écœure encore plus, c’est votre lâcheté. Les autres personnalités se sont excusées. Mais jamais nous n’avez jugé utile de le faire à votre tour. Est-ce à croire que vous avez droit de vie et de mort sur les Ivoiriens ?

 Kyria Doukoure.

 

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COVID-19: “J’en appelle à la désobéissance citoyenne en Côte d’Ivoire” Haumar Sory (LIDER)

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Après l’adresse à la nation du président Alassane Ouattara, le lundi 23 mars 2020, relativement à la pandémie du Coronavirus, nous avons approché monsieur Haumar Sory, Délégué Régional à l’Implantation de LIDER en Suisse et en Italie, avec qui, nous avons fait le tour des mesures annoncées par le Chef de l’Etat. Entretien….

Bonjour monsieur, quelques heures après que Leadernews se soit inquiété de savoir où était passé Alassane Ouattara alors que l’épidémie du Coronavirus se répandait en Côte d’Ivoire, il a fait une apparition solennelle dans une adresse à la nation, avec à la clé de nouvelles mesures visant à stopper la propagation virus. De façon générale que vous inspire ces nouvelles mesures?

Bonjour monsieur et merci de l’opportunité que vous nous offrez de traiter cette sortie du président Alassane Ouattara, qui manque de sens de responsabilité, de courage et qui dénote surtout du manque d’amour et du dédain que ce monsieur a pour les populations ivoiriennes. Sans oublier le manque de transparence totale dans la gestion que son gouvernement fait de cette crise. Le Professeur Mamadou Koulibaly a d’ailleurs eu le nez creux, quand il annonçait dans sa célèbre tribune web “Jeudi c’est Koulibaly”, qu’Alassane Ouattara se venge des ivoiriens. C’est ce qui explique certainement ce mépris exacerbé, vis-à-vis de la vie des ivoiriens, avec lequel lui et son premier ministre-successeur Amadou Gon Coulibaly gèrent la crise épidémique qui frappe la Côte d’Ivoire. Sinon comment comprendre alors qu’il en soit encore à tergiverser dans la prise de décisions, là où il existe déjà de nombreux exemples, des bons comme des mauvais, sur lesquels il aurait pu s’appuyer pour prendre les décisions qui s’imposent pour protéger la première richesse du pays, je veux dire son capital humain, donc ses populations. Populations dont il jouit, insolemment d’ailleurs, du fruit de du travail.

N’êtes-vous pas un peu trop dure quand on sait qu’il a décrété un couvre feu, annoncé la prise en charge gratuite du dépistage et des malades, la mobilisation de près de 100 milliards de FCFA, le confinement progressif et bien d’autres mesures…? 

C’est justement cette impression qu’Alassane veut donner à l’opinion. Celle de faire croire qu’il est en train d’agir. Alors qu’en réalité, il se moque bien de ce qui peut arriver aux ivoiriens. Un couvre feu à partir de 21 H, c’est un non-sens, c’est irresponsable et inadéquat devant la menace qui plane sur la Côte d’Ivoire. Jusqu’à preuve du contraire, aucune étude n’a encore démontré que nous avons à faire à un virus noctambule, donc qui ne se transmet que de nuit, ou encore que les populations ivoiriennes, comme des chauves-souris, ne sortent que de nuit. Dans un pays où 90% de la population en âge de travailler évolue dans le secteur informel, il est clair que le flux humain est plus considérable en journée qu’en soirée. Le couvre-feu devrait donc intervenir plutôt, au plus tard à 12:00 par exemple, pour permettre aux populations de faire quelques courses, avec une réglementation stricte de l’accès aux surfaces de vente et aux marchés de produits d’alimentation. Le confinement progressif ayant montré ses limites dans les pays comme l’Italie, 63 927 cas de Covid-19 détectés et 6 820 décès depuis le début de l’épidémie, dont 743 dans les dernières 24 heures, il faut aller directement à un confinement total, cela dès maintenant, par l’arrêt de toutes les activités non essentielles à la vie quotidienne, en plus du couvre feu. L’imminence de cette mesure s’impose surtout à cause du système de santé précaire et déficitaire de la Côte d’Ivoire, en termes, d’équipements, de couverture géographique, et de ressources humaines. La seule issue pour empêcher un propagation rapide et exponentielle du virus est donc de prendre des mesures drastiques et coercitives maintenant et non progressivement; parce que quand la tempête sanitaire et épidémiologique s’abattra sur nous, nous ne pourrions pas compter sur nos abris traditionnels en cas de crise sanitaire, c’est à la dire la communauté internationale ou bien les pays dits développés, qui eux-mêmes, tellement dépassés par l’ampleur du fléau, en sont à choisir, chez eux, qui il faut sauver, qui il faut laisser mourir. C’est un proverbe Bambara qui dit que quand le tonnerre gronde, chacun pose sa main sur sa tête. C’est donc à chacun de sauver sa tête.

Et vraiment 100 milliards FCFA pour cette épidémie quand on est conscient de la logistique nécessaire pour y faire, c’est vraiment un coup d’épée dans l’eau. N’est ce pas plutôt, l’occasion rêvée pour lui l’occasion de mettre à contribution  les 3400 milliards de budget de souveraineté qu’il a touché en 10 ans?

Quand on voit les difficultés qu’il  y a dejà à faire appliquer ces mesures que vous jugées insuffisantes, pensez-vous que plus de coercition serait-ce faisable? Et comme vous l’avez dit, 90% des travailleurs sont dans l’informel et donc vivent le jour au jour, Comment pourront-ils donc selon vous subvenir à leur besoin, si le confinement était total?

Ne reconnait-on pas l’arbre à ses fruits? Que pourrions-nous bien attendre de populations dont les dirigeants eux-mêmes sont quotidiennement en conflit avec le respect des règles qu’eux-mêmes édictent. L’indiscipline et l’incivisme qui ont pignon sur rue en Côte d’Ivoire et qui s’y sont finalement imposés comme la norme sont enseignés par les élites qui restent, malheureusement d’ailleurs, les seuls repères dans cette société en quête de valeurs, de repères et d’identité. Nous avons tous été témoins de l’incident très grave, vu la menace épidémiologique contextuelle, de l’INJS, où des membres du gouvernement et/ou leurs proches (NDLR A’Salfo, Adama Bictogo, Alain Donwahi, Jacques Anoma, etc.) ont été soustraits de la quarantaine que ce même gouvernement, à travers son ministère de la santé, leur avait imposée, à leur retour de la France, pays qui compte officiellement 22 230 cas, avec plus de 1000 morts. Je dis officiellement, parce que la France est soupçonnée de cacher l’ampleur réel de l’épidémie sur son territoire. En Côte d’Ivoire, une certaine élite pousse donc l’incivisme, l’indiscipline et l’imbécillité jusqu’à se croire supérieur aux citoyens lambda devant la maladie. S’ils croyaient en cela, parce qu’ils avaient les moyens d’aller se faire soigner en Europe, aujourd’hui, devant le coronavirus, ils doivent se résoudre à constater que ce la n’est plus le cas. Personne ne peut aller en Europe, tous doivent faire face à l’épidémie sur place, avec le système sanitaire désuet qu’ils entretiennent en Côte d’Ivoire pour les braves populations. Nous suivons d’ailleurs de près l’incident de l’INJS, car Alassane Ouattara a eu au moins le mérite de l’évoquer dans son message à la nation, en saisissant le procureur afin d’y donner des suites judiciaires. Espérons que ce ne soit pas une énième enquête judiciaire qui finisse dans les tiroirs du palais de justice sans aucune suite.

Cela dit, nous sommes conscients de la précarité économique dans laquelle vit les ivoiriens, nous ne la nions pas, mais nous croyons fermement que cette précarité ne saurait être évoquée pour justifier qu’on les expose à des risques sanitaires qui deviendront très vite incontrôlables et mettront en péril leur droit inaliénable à la santé et à la vie. L’inde où vit 70 millions de personnes dans l’extrême pauvreté vient de décréter, le confinement total de sa population. C’est donc une nécessité sanitaire qui ne doit pas avoir d’état d’âme. Maintenant, il appartient au gouvernement ivoirien de prendre des mesures d’accompagnement pour soutenir les foyers les plus nécessiteux, et pour garantir les revenus des travailleurs des secteurs formels, pendant la période de confinement. C’est dans les cordes du gouvernement de mobiliser des ressources à cet effet en mettant à contribution par exemple les salaires des ministres, président d’institutions, des député et hauts cadres administratifs. Ils ont assez de ressources de côté, quand on sait comment ils se gavent de l’argent public. Aussi, ils n’iront pas en mission pendant cette période. Leurs frais de missions pharaoniques peuvent aussi être réquisitionnes. Il suffit donc d’un peu d’amour pour son peuple, de volonté, de sens de responsabilité, d’engagement citoyen et enfin d’intérêt vis-à-vis de la condition des populations pour que le confinement total soit bien accompagné.

Pensez-vous que même un tel sacrifice de la part des gouvernants suffirait-il à soutenir ces millions de personnes qui vivent dans la précarité?

Je ne suis pas d’accord avec le terme sacrifice que vous employez. Cette contribution des autorités politiques de ce pays ne sera que justice et équité, dans cette situation de crise sanitaire mondiale grave qui a amené certains chefs d’Etat à affirmer que “nous sommes en guerre”. Depuis 10 ans le peuple ivoirien consent d’énormes sacrifices, pendant qu’eux s’embourgeoisent. Voilà 10 ans que le l’argent travaille avec eux, sans circuler dans les mains du peuple. Il est temps, devant cette situation de crise exceptionnelle, qu’ils se résolvent à faire contre mauvaise fortune bon cœur, en acceptant ce compromis temporellement limité, le temps donc de la crise.

Maintenant, nous vivons dans une société où le gap en terme de revenus entre riches et pauvres est tellement considérable. Ces riches étant en majorité des acteurs politiques, qui gèrent les biens publics, je suis convaincu que des millions de personnes pourront subvenir à leurs besoins primaires vitaux pendant au moins un (1) mois. Prenons seulement le salaire des membres du parlement, députés et sénateurs, 2 millions de francs pour 550 personnes par mois, c’est déjà plus d’un milliards par mois, ajouter à cela, les salaires des 41 membres du gouvernement, d’Alassane Ouattara lui-même et son budget de souveraineté de 342 milliards par an, des rentes viagères des anciens ministres, présidents, députés et autres. Mamadou Koulibaly enseigne à l’université depuis 9 ans en renonçant à son salaire mensuel. Cela malgré que Ouattara refuse de lui verser la rente viagère à laquelle il a droit depuis son départ de l’Assemblée nationale. Ce n’est donc pas un ou deux mois salaires qui ébranleraient cette bande de dirigeants actuels, corrompus et qui se gavent de l’argent public dans la démesure.

Vous aviez tantôt abordez le manque de transparence du gouvernement dans la gestion de la crise. Qu’entendiez-vous exactement par là?

Dans une telle crise l’arme fatale est l’information. Bien gérée, elle est un facteur efficace de lutte, mal gérée, elle conduit irréversiblement à la catastrophe. Si il y a une chose que ce gouvernement a tout de même réussi, c’est la campagne concernant le respect des mesures d’hygiènes à observer pour se préserver de la maladie. On n’a malheureusement l’impression que c’est à cela que le gouvernement résume sa lutte contre la pandémie. Sensibiliser à l’observation de ces mesures, c’est bien, mais pas suffisant ni dans la gestion d’une telle crise, ni pour empêcher la propagation du virus. À côté de ces mesures donc, il doit y avoir une dynamique claire de détection des cas d’infections, et de leur prise en charge. Combien de tests de dépistage avons-nous? Où se trouvent les centres ou hôpitaux de dépistage dans les différents régions? Comment les cas détectés sont pris en charge? Le virus s’attaquant essentiellement au système respiratoire, combien d’appareils d’assistance respiratoire avons-nous? Quelle est la tranche d’âge des populations dépistées positives? Dans quelles zone géographique se situent les cas confirmé?

Quand on connait la précarité du système sanitaire ivoirien en terme d’équipements, voilà des questions pertinentes auxquelles les ivoiriens devraient avoir une réponse. Cela les aideraient déjà à prendre la mesure réelle de la menace qui plane sur le pays et les conduiraient certainement à plus de discipline.

En plus, ce manque de transparence du gouvernement nous fonde à n’accorder aucun crédit aux chiffres qu’il communique sur les cas enregistrés. Il y a qu’à voir la guerre récente de chiffre qu’il y a eu avec un média français qui a annoncé 1 mort dû au virus que le gouvernement a par la suite démenti. Nous croyons fermement que, soit le gouvernement nous cache les chiffres de l’ampleur réelle de l’épidémie, soit il n’en a pas lui-même connaissance, parce que n’ayant mis en place aucun système sérieux et/ou clair de dépistage. J’ai eu des témoignages d’au moins une personne présentant des symptômes qui n’a pu ni se faire bien orienté par le 143, ni se faire tester dans les centres de santé qu’elle a parcouru, et pire, s’est vue refusée le test à l’Institut National de la Santé Publique, sous le prétexte qu’elle ne présentait pas les signes, alors qu’on a toute suite paniqué quand elle a retiré le masque qu’elle portait. Le chiffre de 96 cas connus ce jours, vendredi 27 mars 2020 est donc, selon moi, très loin de la réalité.

Devant ce tableau inquiétant que vous dépeignez. que proposez vous aux ivoiriens?

J’en appelle à la désobéissance citoyenne en Côte d’Ivoire. Devant la crise, partout dans le monde, les autorités confinent leur population pour tenter de stopper la propagation de la maladie. La Côte d’Ivoire ne saurait se soustraire à cette dynamique, surtout que, devant la précarité de son système de santé, elle peut se payer le luxe de s’offrir une crise épidémiologique avec une amplitude italienne ou même maintenant espagnole sur son sol. J’invite donc les ivoiriens à ignorer le couvre-feu instauré de 21h à 5h et de rester confinés toute la journée chez eux à la maison. Tous ceux dont l’activité professionnelle n’est pas indispensable à la satisfaction des besoins primaires des populations doivent rester chez eux, pendant au moins un (1) mois.

Devant l’irresponsabilité du gouvernement, pour cause de mépris ou de refus de faire face à son échec en termes de santé publique après 10 ans de pouvoir, il appartient au peuple souverain de prendre ses responsabilités, en prenant la mesure de la grave menace à laquelle elle est confrontée, et s’organiser souverainement avec plus d’intelligence que son gouvernement, pour y faire face. Voilà ma proposition.

Fin d’entretien

 

Propos recueillis par Hervé Christ

 

 

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