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[NOTRE SÉRIE : ELLES ONT RÉSISTÉ] Épisode 2 — Sarraounia Mangou La reine-prêtresse qui barra la route à la colonne Voulet-Chanoine

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Sarraounia Mangou La reine-prêtresse qui barra la route à la colonne Voulet-Chanoine

Lougou, 1899.

Une colonne armée avance à travers l’actuel Niger.

À sa tête, deux officiers français : Paul Voulet et Julien Chanoine.

Leur objectif est de rejoindre le lac Tchad et de participer à la jonction des possessions françaises d’Afrique occidentale et d’Afrique centrale.

Mais leur marche laisse derrière elle des villages attaqués, des populations tuées et une réputation de terreur.

Puis la colonne arrive aux portes d’un territoire qui refuse de s’effacer devant elle.

Lougou.

Ici, le pouvoir spirituel porte depuis des générations un titre : Saraounia.

Et celle qui l’incarne alors s’appelle Mangou.

Elle aurait pu abandonner son territoire.

Elle choisit de résister.

Avant Mangou, il y avait les Saraounia

Pour comprendre Sarraounia Mangou, il faut d’abord entrer dans l’histoire de Lougou telle qu’elle est transmise par les populations de l’Arewa.

Car Sarraounia n’est pas simplement un prénom. C’est un titre.

La tradition de Lougou raconte une très ancienne lignée de souveraines. Selon cette mémoire, la première Saraounia était la fille unique du roi de Daoura, l’un des anciens centres du monde haoussa. Écartée du trône par ses oncles paternels, elle quitta Daoura et, après plusieurs étapes, vint s’établir à Lougou.

De cette histoire naît une institution qui traversera les générations.

La tradition parle de quinze Saraounia ayant régné à Lougou. Parmi les noms transmis figurent Yarkasa, Dafada, Gouzouri, Lalma, Dafaya, Annaou…

Puis vient Mangou.

La Saraounia n’est pas seulement une autorité politique.

Elle est aussi reine-prêtresse et guide spirituelle de sa communauté. Cette articulation entre pouvoir féminin et pouvoir religieux constitue l’un des traits majeurs de la culture traditionnelle de l’Arewa.

Et au cœur de cette institution se trouve une pierre.

Tunguma, la pierre de vérité et de justice

Elle s’appelle Tunguma.

Selon la tradition, c’est cette pierre sacrée qui guida la première Saraounia depuis Daoura jusqu’à Lougou.

Elle est associée à la justice, à la vérité et à la vie spirituelle de la communauté.

Et elle n’appartient pas seulement au passé.

L’UNESCO relève que Tunguma continue d’occuper une place dans les pratiques traditionnelles de Lougou. Le site rassemble également les lieux de cultes azna, le cimetière des reines Saraounia et la demeure de la Saraounia.

La transmission du pouvoir elle-même est entourée d’un rituel remarquable.

À la mort d’une Saraounia, les femmes susceptibles de lui succéder sont réunies. Selon la tradition rapportée à l’UNESCO, le corps de la souveraine défunte participe rituellement à la désignation de sa successeure ainsi qu’à celle de l’emplacement de sa propre tombe.

C’est donc à la tête d’une institution politique, religieuse et culturelle profondément enracinée que se trouve Mangou lorsque survient, en 1899, la colonne française.

1899 : la colonne arrive

Voulet et Chanoine ne commandent pas uniquement quelques officiers européens.

Comme beaucoup de forces de conquête coloniale, leur colonne comprend également de nombreux soldats africains recrutés dans des territoires déjà placés sous domination française. Elle possède surtout un avantage déterminant face aux combattants de Lougou : des armes à feu et un canon.

Face à eux, les guerriers appelés à défendre Lougou disposent notamment d’arcs et de flèches.

Le rapport de forces paraît écrasant.

Mais Mangou refuse de se soumettre.

La mémoire de l’Arewa conserve ainsi le souvenir des combattants rassemblés par la Saraounia pour défendre Lougou contre la progression de la colonne.

La bataille commence.

Lougou brûle

Les combattants de Lougou affrontent la colonne.

Ils ne disposent ni de son artillerie ni de sa puissance de feu.

Le combat est inégal.

Les armes françaises finissent par ouvrir la voie.

Lougou est incendié.

Sa population est dispersée.

Mais la prise du village n’efface pas ce qui vient de se produire : une autorité africaine a refusé le passage et opposé une résistance armée à l’avancée coloniale.

Plus d’un siècle plus tard, le lieu de cette confrontation existe toujours.

L’UNESCO identifie à Lougou le site de la bataille contre la colonne Voulet-Chanoine et indique que le terrain conserve des ossements humains ainsi que des emplacements marqués par des pierres.

Le paysage est devenu archive.

Mais à Lougou, l’histoire ne s’est pas seulement conservée dans le sol.

Elle s’est conservée dans la parole.

Quand la parole devient mémoire

Pendant des générations, l’histoire de Sarraounia Mangou a été racontée.

Dans les familles.

Dans les récits.

Dans les chants.

Dans la mémoire de l’Arewa.

C’est une dimension fondamentale de son histoire.

Car dans de nombreuses sociétés africaines, la transmission du passé n’a jamais reposé exclusivement sur l’écriture. La parole, les récits généalogiques, les chants, les cérémonies et les lieux sacrés participent eux aussi à la conservation de la mémoire collective.

Sarraounia est ainsi devenue une héroïne majeure de la littérature orale nigérienne, liée aux récits fondateurs de Lougou. Sa mémoire a ensuite circulé dans l’école, la radio, la télévision, les chants et les représentations culturelles.

Ainsi, bien avant que son histoire ne devienne un roman ou un film, Lougou se souvenait déjà de sa Saraounia.

Puis vint Abdoulaye Mamani

En 1980, l’écrivain nigérien Abdoulaye Mamani publie Sarraounia.

Il ne part pas de rien.

Son œuvre puise notamment dans les récits oraux de la région de Lougou, auxquels viennent s’ajouter des matériaux écrits et une démarche littéraire et politique propre à l’auteur.

Mangou quitte alors davantage encore la mémoire locale pour entrer dans l’imaginaire panafricain.

Puis vient le cinéma.

En 1986, le réalisateur mauritanien Med Hondo adapte le roman.

À l’écran, Sarraounia devient cette reine africaine qui refuse de courber l’échine devant la conquête.

Le récit voyage.

Du Niger à l’Afrique.

De l’Afrique au monde.

Mais son point de départ reste le même :

Lougou.

Ils avaient le canon. Lougou avait sa mémoire.

Militairement, la colonne française poursuit sa route.

Mais l’histoire réserve un étrange retournement à ses chefs.

La mission Voulet-Chanoine devient bientôt un scandale jusque dans l’appareil colonial français en raison des violences commises pendant son parcours.

Une mission est envoyée pour reprendre le contrôle de la colonne.

Voulet refuse d’obéir.

La confrontation éclate.

Et quelques semaines après avoir traversé Lougou, Voulet et Chanoine meurent à leur tour, victimes de la désagrégation de leur propre expédition.

La colonne poursuit son chemin sous un autre commandement.

Sarraounia, elle, entre dans la mémoire.

Plus d’un siècle après, Lougou n’a pas oublié

Il existe aujourd’hui quelque chose de particulièrement puissant dans cette histoire.

On peut encore se rendre à Lougou.

On y trouve Tunguma.

Le cimetière des Saraounia.

Les lieux de culte azna.

Le champ de bataille de 1899.

Et l’institution de la Saraounia a traversé les générations.

En 2005, les femmes de l’Arewa se sont même mobilisées autour de Lougou pour défendre ce patrimoine. Quelques années auparavant, des femmes avaient entrepris une marche de 333 kilomètres de Lougou à Niamey afin d’alerter sur la sauvegarde du site et de manifester leur volonté de préserver cet héritage.

La résistance de Mangou n’appartient donc pas seulement à 1899.

Elle est devenue une mémoire transmise.

Une référence.

Un symbole.

Pourquoi raconter Sarraounia Mangou aujourd’hui ?

Parce que son histoire nous oblige à regarder la conquête coloniale autrement.

Les puissances européennes n’avançaient pas dans des territoires sans histoire, sans organisation politique, sans spiritualité et sans conception de la souveraineté.

À Lougou existait une institution ancienne.

Une autorité.

Une mémoire.

Une culture.

Et cette autorité était incarnée par une femme.

Sarraounia Mangou.

Face au canon, elle opposa la résistance de son peuple.

Face à l’incendie de Lougou, les générations suivantes opposèrent la mémoire.

Face au temps, la tradition orale conserva son nom.

C’est peut-être là sa plus grande victoire.

Plus d’un siècle après le passage de Voulet et Chanoine, nous prononçons encore le nom de la femme qui leur barra la route.

Sarraounia Mangou.

Parce qu’elle a résisté.

Notre série : ELLES ONT RÉSISTÉ
Une héroïne. Une histoire. Chaque semaine.

Leadernewsci — Informer pour former

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Lettre ouverte au ministre de l´Enseignement Supérieur

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Leopold Abrotchi, écrivain, Alternative Nouvelle

L´éducation supérieure ivoirienne continue avec ses lacunes et le réfus des gouvernants d´une réforme structurelle, toute chose qui la rend peu performante et donc non competitive. Plus grave encore est l´inadéquation entre offre de formation et emploi dont la resultante est d´avoir 3000 docteurs sans emploi.

Monsieur le Ministre

Je suis admiratif de votre admiration, et pour cela, je vous cite : « J’ai été ravi de lui exprimer mon admiration. Docteure en Droit à 25 ans, Mlle Sangare Yamine est un exemple inspirant pour notre jeunesse. En effet, Elle incarne la jeunesse consciencieuse ». Comme vous le dites si bien ! Malheureusement ou heureusement selon le bout par lequel on le prend, Mlle Sangaré Yasmine a la chance de ne pas incarner les fruits de votre compétence de gestionnaire de l’enseignement supérieur ivoirien.

Vous avez sous vos mains plus de 3000 docteurs, fruits des universités ivoiriennes qui manifestent parce qu’ils ne sont employés nulle part. Évidemment pris à la gorge par l’incompétence du gouvernement actuel, ils ne peuvent que s’accommoder à leur louable de réqualification, puisqu’ils ont fait l’erreur de s’engager dans des filières proposées par votre ministère.

La seule satisfaction que vous avez eu à leur égard a été de les voir emprisonnés pour trouble à l’ordre public.

Je pense pour ma part que la fierté que vous devriez avoir ou ressentir est celle de voir sous votre direction, la fin du saccage du système éducatif ivoirien. C’est également de voir, ces milliers de jeunes Ivoiriens consciencieux, qui se réveillent à 6 h, 5h ou même 4h du matin dans les faubourgs d’Abidjan, pour se rendre dans nos universités et instituts supérieurs devenir à 25 ans des docteurs.

Mais non, vous préférez célébrer le produit fini d’autres gestionnaires de l’enseignement supérieur, pour masquer le lamentable échec de votre ministère.

Pis, tout porte à croire que pour vous l’exception du succès de 1 sur 100 étudiants ivoiriens est la règle de performance éducative et de compétitivité professionnelle qui doit s´appliquer à l´éducation supérieur ivoirien.

Il serait bien que vous vous revoyez Monsieur le ministre, commencez par vous réjouir des 3000 Docteurs made in Côte d’Ivoire, trouvez-leur le boulot pour lequel vous les avez formés, ils sont plus que consciencieux. En le faisant, vous inciterez mieux leurs cadets à aller plus loin dans leurs études et vous aurez beaucoup plus de jeunes docteurs de 25 ans à célébrer.

Ouvrez-leur, les portes du travail dans le domaine universitaire. Vous pouvez par exemple les recruter comme vacataires pour commencer. Il fort souhaitable que vous revoyez la loi sur la fonction d´enseignant du supérieur.

Vous pouvez aussi les admettre comme enseignants définitifs dans nos universités qui sont sous tension par manque d´enseignants, puisque nous savons tous que le ratio étudiants-enseignants est en deçà de la norme.

Alors vous aviez l´air d´être épris d’une grande joie en recevant la jeune docteure, nous, nous avons été très mal à l’aise, quand nous constatons que à 25 ans de nombreux étudiants dans nos universités sont soit en train de finir la licence, soit sont en année de maitrise, à cause du système d´enseignement que vous dirigez et que vous ne voulez pas substantiellement reformer.

Vous avez les clés pour rendre notre enseignement supérieur performant, honorable et compétitif, en réformant le système.

Permettez-nous de nous réjouir, nous aussi du succès de nos enfants, de nos frères et sœurs qui étudient ici Côte d’Ivoire, quand vous célébrez ce qui vient d´ailleurs, de l’étranger.

Rendez-nous fiers à tout le moins, pour le salaire de millions que les contribuables que nous sommes vous payons.

Je finis en vous rassurant Monsieur le Ministre, avec ou sans vous nous parviendrons à redonner ses lettres de noblesses à notre enseignement supérieur. Il y a une alternative à la gestion calamiteuse du système éducatif ivoirien, parque justement, nous recusons l´idée de fatalité dans ce domain de gouvernance, tout comme dans bien d´autre.

Veuillez agréer l’expression de ma très haute considération.

Leopold Abrotchi, Ecrivain, Alternative Nouvelle

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La COSEFCI suspend son mot d´ordre de grêve jusqu´au Vendredi 14 Mai 2021(Déclaration)

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La Coalition Secteur Education Formation de Côte d´Ivoire (COSEFCI) s´est réunie en Assemblée Générale Extraordinaire ce mardi 11 mai 2021 au Groupe Scolaire Medji Banba pour évaluer les démarches entreprises suite au préavis de grêve deposé le 29 Avril 2021. Ci-dessous l´intégralité de la déclaration signé du porte-parole Kouamé Bertoni.

Résolutions de l’assemblée générale extraordinaire de la COSEFCI du mardi 11 mai 2021

La Coalition Secteur Éducation / Formation de Côte d’Ivoire (COSEFCI) a tenu ce jour Mardi 11 Mai 2021, son Assemblée Générale Extraordinaire au Groupe Scolaire Medji-Bamba à Yopougon à l’effet d’apprécier les avancées notables enregistrées depuis le dépôt de son préavis de grève le 29 AVRIL 2021.

Vu la rencontre du vendredi 07 mai 2021 avec la Fonction Publique ;

Vu la rencontre du lundi 10 mai 2021 avec Mme le Ministre ;

Vu les bonnes dispositions de Mme le Ministre ;

Vu la volonté affichée de Mme le Ministre de trouver des solutions à nos revendications ;

Vu la décision de Mme le Ministre de porter nos revendications devant le Gouvernement ;

Vu l’engagement de Mme le Ministre de faire reverser les salaires suspendus de mai 2019, janvier et février 2020 ;

Vu la volonté de Mme le Ministre d’accompagner la revalorisation des indemnités de logement des enseignants ainsi que les autres revendications qui ont fait l’objet de discussions à Grand-Bassam ;

L’Assemblée Générale Extraordinaire de ce jour, décide à l’unanimité de ce qui suit :

La suspension du mot d’ordre de grève courant du Mardi 11 Mai au Vendredi 14 Mai 2021

La suspension du mot d’ordre de boycott des examens scolaires

La suspension du mot d’ordre de rétention des notes

Par conséquent, le Directoire de la COSEFCI invite tous les enseignants à reprendre les cours demain Mercredi 12 MAI 2021 à partir de 07h30.

Le Directoire félicite les enseignants, les appelle à la vigilance et à rester à son écoute.

Fait à Abidjan, le 11 Mai 2021

Le Porte-parole de la COSEFCI

KOUAMÉ Bertoni

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Education: « le système francophone est une usine de production de perroquets et de marionnettes » Nathalie Yamb

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Nathalie Yamb, miitante panafricaine souverainiste et Conseillère exécutive du Professeur Mamadou Koulibaly. CREDIT PHOTO: LeadernewsCI

La conseillère exécutive du Professeur Mamadou Koulibaly, Nathalie Yamb, s’attaque au système éducatif des pays francophones, inspiré par la France.

Elle revèle dans cette vidéo comment le système éducatif francophone contribue à endormir les esprits des populations des ex-colonies de la France.

 

Hervé Christ

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